• Daho l'aime aussi rock

      

    Quatre ans se sont écoulées depuis la parution des Chansons de l'Innocence Retrouvée, l'album de la résurrection de notre dandy pop, je veux parler du rennais Etienne Daho.

    Quatre années qui ont vu l'auteur des "Heures Indoues" traverser la plus pénible épreuve de sa vie: celle de la maladie (péritonite) et du décès de ses proches. Après une opération délicate en 2013, le chanteur a du faire face à la perte brutale de sa soeur Jeanne en janvier 2016.

    Un contexte douloureux est donc à l'origine de ce nouveau disque intitulé Blitz (du nom de la technique de guerre-éclair pratiquée par les nazis).

    La pochette signée du photographe turc Pari Dukovic annonce la couleur : noire.

    On y voit le chanteur, blouson et casquette de cuir vissée sur le crâne entouré de volutes de fumée. Un cliché qui évoque les années 70, Marlon Brando (l'Equipée sauvage) ou Village People. Au choix

    Une imagerie très sexualisée comme invitation à écouter ce treizième album de Daho.

    Introduit par une sirène de police, le disque démarre sur les chapeaux de roue avec "Les Filles Du Canyon". 

    Avec ce morceau porté par des guitares et une batterie rock, ce Blitz s'annonce énergique et remuant. Les fans des hits "Week end à Rome" ou "Epaule Tatoo" seront peut être déroutés par ce son rock auquel le bel Etienne ne nous avait jusqu'ici guère habitué . 

    "Chambre 29" ressemble à du Daho traditionnel tel que le connaissent bien ses supporters. Un morceau pop qui n'aurait pas jurer sur Pop Satori ou Paris Ailleurs, les classiques du breton.

    Retour des guitares sur "Le jardin", un titre écrit en hommage à Jeanne, la soeur du chanteur partie l'année passée. "Elle repose au milieu du jardin" chante le rennais de sa voix feutrée.  

    Avec ses échos et ses basses réverbérées, "Les Baisers Rouges" fait la part belle au psychédélisme et aux atmosphères quasi-gothiques. "Au dessus de la surface, les baisers rouges des grandes surfaces". Du Daho intense.

    Sur" Les cordages de la nuit", les claviers seventies donnent le ton de ce titre à l'atmosphère lynchienne.

    "Les flocons de l'été" est le single de ce disque audacieux. Une jolie ritournelle avec laquelle le chanteur évoque la maladie qui a failli l'emporter en 2013. "C'est l"hiver en été". Une belle ballade et un morceau pop à part sur ce disque plus rock qu'à l'accoutumée.

    "Voodoo Voodoo" évoque les ambiances new wave des années 80, quelque part entre le Bashung de Novices et les tubes de Duran Duran.

    L'atmosphère cinématographique de "L'étincelle" n'est pas sans évoquer les paysages sonores des disques de Benjamin Biolay ou de Dominique A. Ambitieux.

    A lui tout seul, "The Deep End" est un mini-voyage à l'ère du psychédélisme des seventies. Bluffant.

    Retour aux ambiances panoramiques avec le grandiose "Hôtel des infidèles", un titre inspiré de Syd Barret (Pink Floyd). Bluffant.

    "Après le Blitz" évoque les attentats commis à Londres, ville dans laquelle le chanteur a enregistré une partie de ce treizième opus. "Sous les bombes dans le ciel qui rougeoie et rougit, nous resterons dressés face au danger". 

    "Nocturne" referme avec brio et grâce ce treizième album. Un titre poignant en guise d'épitaphe sonore de ce disque à l'atmosphère de nuit.

    Album de résistance, Daho livre avec Blitz un opus sophistiqué et stylisé que les amateurs des tubes FM eighties de Daho auront peut être un peu de mal à intégrer à leur discothèque.

    Artiste occupant une place à part dans le paysage pop/rock de l'Hexagone, le rennais s'affirme avec ce treizième opus en digne héritier d'un patrimoine musical en provenance des annéest soixante-dix.

    Davantage Velvet que Beatles et Lou Reed que John Lennon, notre Etienne y incarne un style tout autant qu'une attitude. A la façon du Bashung des débuts, sa sophistication et son dandysme sont sa marque de fabrique.  

    A 61 ans, l'auteur de "Tombé pour la France" n'a sans doute pas encore fini de nous surprendre.

     

     

     DAHO l'aime aussi rock

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    1 commentaire
  •                                      gros plan : BERTRAND CANTAT a encore quelque chose à dire

     

    Les années passent et le dilemme demeure . Faut-il continuer à chroniquer les disques de celui dont les coups ont été jugés responsables de la mort de l'actrice Marie trintignant?

    Après un premier retour en 2013 sous la bannière du groupe Détroit, l'ex chanteur de Noir désir refait surface en cet automne avec Amor Fati, un premier album solo enregistré en compagnie de ses ex partenaires de Détroit, le bassiste Pascal Humbert et l'ingénieur du son Bruno Green (quitares et claviers).

    Comme il était aisé de le prévoir, la sortie du disque a été précédée de diverses controverses et polémiques, la plus récente étant les révélations faites au sujet du passé violent du chanteur. 

    Un contexte délicat pour une sortie d'album attendue de pied ferme par ses détracteurs.

    Alors que vaut ce nouvel opus de l'ex Noir Désir, le premier publié sous son nom. et sur la pochette duquel son visage apparait en clair-obscur.

    L'album démarre par un contre-pied. "Amie Nuit", titre à l'atmosphère inquiétante introduit par des nappes de synthétiseurs futuristes sur lesquels Cantat déclame ses vers. Saisissant. 

    Nouvelle surprise avec le titre éponyme "Amor Fati" sur lequel le rocker se distingue par un chant sous la forme de flow digne d'un rappeur. Une forme étonnante au service d'un propos qui surprend moins. On peut y entendre un Cantat accusateur s'en prenant aux médias et aux journalistes qui le jugent "Et toi qu'est-ce que tu sais d'ma vie ?Qu'est-ce que tu sais d'ma peine ? Tu paroles, tu gloses Mais t'as mauvaise haleine". Une posture très plaintive qui passe mal.

    La basse de Pascal Humbert nous sort de ce semi-malaise avec "Silicon Valley" un morceau sur lequel Cantat s'en prend aux dérives de notre société dominée par les technologies numériques. Une charge contre tous les Google et les Amazon du monde qui menaceraient les libertés individuelles. Efficace.

    "Excuse My French" est un titre rock sur lequel le rocker choisit une fois encore une forme parlée plus que chantée. Mi-Ferré, mi Abd'al Malik, Cantat mutliplie les sarcasmes. "La bonne attitude c'est la béatitude". Des mots dont le sens peu explicite en disent cependant long sur la personnalité narcissique de l'ex Noir Désir.

    Le single "L'Angleterre" est une parenthèse pop/rock qui contraste avec les premiers titres du disque . Retour des guitares (qui avaient brillé par leur absence) et de la forme couplet/refrain pour un titre calibré pour les ondes. Un titre pop bien ficelé sur un thème d'actualité, le Bréxit et la crise des migrants. Opportunisme et savoir-faire.   

    Le riff de guitare jazzy de "J'attendrai" rappelle les derniers titres de Noir Désir, ceux de l'album Des Visages, des Figures. "Le Grand Incendie" n'est jamais bien loin. Sans surprise.

    Viennent ensuite les deux titres crève-coeur d'Amor Fati. Deux ballades. "Les Pluies Diluviennes" d'abord sur laquelle Cantat,chante ses états d'âmes . "Toi pour t'aimer il fallait etre dingue à s'en faire sauter la carlingue, il fallait être fou comme pour sauter sur Dien-Bien Phu". Une superbe chanson gâchée par des paroles difficiles à entendre. 

    Le pire est à venir avec "Anthracitéor", morceau lacrymal sur lequel Cantat semble évoquer le souvenir de Marie. Si la forme est belle, le propos lui peut paraitre choquant "Je ne connais  pas de Loi qui pourrait m'éloigner de toi" "je n'ai pas vraiment le choix d'ignorer ce je-ne-sais-quoi qui luit d'un éclat entre l'anthracite et l'or".

    "Chui con" est un exercice plus ou moins réussi façon "Un Homme Pressé", le talent guitaristique de Serge Teyssot-Gay en moins.

    Porté par un riff que n'aurait pas renier Saez, "Aujourd'hui" est une charge anti-médias comme l'ex noir désir pouvait en écrire dans les années 90. 

    L'album se clot avec "Maye Be I", un titre composé pour le film "Les premiers, les derniers" (2016). Un morceau chanté dans la langue de Shakespeare, dans la lignée des covers de Jeffrey Lee Pierce (Gun Club) 

    A l'écoute de ces onze titres aux atmosphères contrastées, il est plutôt délicat d'affirmer qu'Amor Fati est un disque raté. Au contraire, cette galette impressionne. Eternel artisan du rock, Cantat y fait ce qu'il sait faire de mieux, écrire  composer et chanter. 

    Le problème est sans doute ailleurs. Dans la personnalité très trouble de Cantat et dans son propos plaintif (jamais compassionnel). Artiste doué, le passé violent de l'auteur de Tostaky a jeté une ombre sur son talent demeuré intact. Une donne que l'ex Noir Désir ne sait apparemment pas prendre en compte à l'instant d'écrire et que ses détracteurs sauront reprendre à leur compte.

    Dix-sept ans après la mort de Marie Trintignant, l'ex chanteur de Noir Désir n'est toujours pas un artiste comme les autres.

    De sombre héros, le chanteur de Noir Désir est passé à symbole de négativité, celui des violences faites à la gente féminine. Une étiquette bien difficile à enlever. 

     

     

      

      

     

     


    votre commentaire
  •               

     

     

     

                  

                  

     

     

                     

     

     

                         

                        

           

     

                  Goodbye French Elvis !

      

     

     

     

     


    votre commentaire
  •                

     

     

     

     


    votre commentaire
  •               

     

         

          Allumez le Feu Chatterton :) 

     

     

     

     

     

     

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique