•                              Gros Plan : RIDE

     

    La nouvelle fin 2014 du come-back (d'abord sur scène) de Ride, un des groupes pionniers de la brit pop est une de ces news qui ne pouvait que  réjouir le passionné de musique qu'est MBPR.

    Ride, c’est un amour de jeunesse, une jolie histoire, éphémère, qui s‘est un peu mal terminé.

    Flashback : début des années 90, un quatuor en provenance d’Oxford déboule sur la scène pop/rock britannique. 

    Son nom? Ride (prononcez Raiillede). 

    Quatre jeunes garçons issus de cursus d’école d’arts qui décident de se réunir autour d"un amour immodéré des Smiths et de The Jesus And Mary Chains.

    Après quelques concerts, le groupe parvient à attirer les oreilles des maisons de disques  notamment celles de Creation Records en la personne de son manager Alan Gee qui, enthousiaste, signe le groupe.

    Fort de ce soutien, le combo publie une série d’EP qui lui ouvrent les portes de la notoriété.

    En 1990 parait « Nowhere » un premier album qui devient en quelques semaines un carton tout autant qu’un succès critique.

    Bâti autour du tandem Mark Gardener(chant) / Andy Bell (guitare), Ride possède une identité musicale forte.

    Avec son cocktail de distorsions et de mélodies pop, Ride se voit immédiatement rattacher au mouvement du shoegazing, 

    Devenu un des noms majeurs de ce nouveau courant, Ride réalise son second coup de maître avec le disque suivant, Going Blank Again paru en 1992.

    Un opus flamboyant avec lequel le combo d’Oxford fait son entrée dans les charts britannniques, parvenant à faire classer dans le Top Ten un titre de plus de 8 minutes, le single "Leave Them All Behind".

    A l’orée du milieu des nineties, tout va pour le mieux pour les quatre d'Oxford.

    En apparence seulement. Car en interne, des dissensions ont vu le jour entre Mark Gardener et Andy Bell. Des querelles d'égo et des désaccords qui vont vite ternir l’atmosphère (pourtant radieuse) qui régne autour du groupe.

    C’est dans ce contexte tendu que parait en 1994 "Carnival of Light" le troisième opus de Ride.

    Un disque assez mal reçu par la critique et vite dénigré par ses auteurs qui l’affublent du surnom peu reluisant Carnaval of Shit. 

    Avec ce troisième album, le quatuor apparaît comme tiraillé entre deux alternatives: le shoegazing des débuts ou un virage (opportuniste) Brit Pop, pour survivre à la mode alors en vogue Outre-Manche. Le début de la fin en quelque sorte.

    Ride fait désormais du sur-place, Les musiciens ne trouvent plus de terrain d’entente et ce qui devait arriver arrive deux ans plus tard. Au printemps 1996, le groupe décide de se séparer, mettant ainsi un terme à son existence en tant que formation musicale.

    Cette décision intervient quelques jours après avoir publié un quatrième album Tarantula qualifié de naufrage par la presse musicale britannique.

    La nouvelle d’une reformation de Ride vingt ans plus tard est donc une agréable surprise.

    Qui aurait en effet pu imaginer des retrouvailles entre Gardener et Bell pour donner naissance à un successeur de Tarantula ?

    Alors que vaut-il ce cinquième volet?

    Pour ce nouvel opus, Ride s’est adjoint les services d’un DJ (Erol Alkan) et a laissé à l'expérimenté Alan Moulder (Depeche Mode, Placeco, NIN)les manettes du mixage. Du lourd donc.

    A l’écoute de Weather Diaries, Ride version 2017 devient moins un rejeton de My Bloody Valentine qu’un héritier de New Order (ce qui est loin d’être péjoratif).

    Bénéficiant d’une production luxueuse, ce disque manque sans doute de ce qui faisait le charme de la musique des quatre garçons d’Oxford, ces aspérités et ces imperfections sonores mais fait preuve d'une efficacité indéniable. Des titres tels que "All i Want" ou "Charm Assault" méritent largement le détour.

    S’il contient certains des ingrédients qui ont fait le succès de la formation d’Oxford, (guitares noisy et mélodies sublimées par le chant tout en retenue de Gardener),les nouveaux titres peinent à soutenir la comparaison avec les anciens.

    A l’excepté du très noise titre éponyme  aucun des onze morceaux de cette galette ne renouent véritablement avec le style shoegaze des débuts.

    Il y a bien « Cali » ce titre avec lequel la noisy-pop teintée new wave de la bande à Gardener prouve qu’elle peut encore en montrer à bien d’autres groupes, le reste est composé de morceaux brit-pop efficaces.

    Alors une déception que ce disque?

    Pas vraiment.

    Sans être leur meilleur album, Weather Diaries remplit plutôt convenablement les termes du contrat de cette surprenante reformation.

    Et l’essentiel est peut être ailleurs.

    Madeleine (indé) de nos 20 ans, Ride est devenu au fil des années un compagnon de route que l’on aime à re-croiser, au détour d’un concert ou d’un festival.

    Ride ne sera jamais ni Oasis ni Coldplay.

    Le quatuor d’Oxofrd est un groupe authentique, unique, sorte de version moderne et noise des Smiths, un groupe qu’on goûte à faire découvrir à ses amis ou dont onn retrouve un jour trace sur la bande son d’un long métrage de Gondry ou de Xavier Dolan.

    De bons amis en quelques sorte, que l’on apprécie de retrouver pour constater qu’au fond ils n’ont guère changé.

    Ils ont juste vieilli. Et nous avec.

      

     

     

     

     

     

     

     

     


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          Que devient la bande à Simon Balthazar?

     

     

     

     

        


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          Le bijou d'Everything Now.

           

     

     

     

     

     


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