• Mais où va ARCADE FIRE?

                     Mais où donc va ARCADE FIRE?

     

    C'est une histoire bien connue.

    Celle d'un groupe sorti de nulle part (Montreal), déterminé, qui en un album devient Le Sauveur du rock (qui, on le sait doit être sauvé à intervalles réguliers).

    Je veux bien entendu parler d'Arcade Fire, les canadiens de retour cette semaine avec un cinquième album dont l'accueil est pour le moins mitigé.

    Début 2003, un couple montréalais décide de donner vie a des chansons demeurées longtemps dans ses cartons.

    Un binôme composé du chanteur Win Butler et de sa moitié multi-instrumentiste Régine Chassagne. L'un est anglophone (texan) la seconde est une francophone.

    Ensemble ils décident de former un collectif (d'abord à géométrie variable) du nom The Arcade Fire (qui deviendra Arcade Fire).

    Dans ce patronyme, il y a Fire. Ces musiciens sont effectivement habités d'un feu intense sur scène comme sur disque.

    Un patronyme comme un mantra, que l'on retient facilement.

    Après avoir du faire face à une série de décès familiaux, le groupe publie en 2004 Funeral, son premier disque.

    Un album sensationnel, miraculeux, porté par une envie de vivre et de se battre face au malheur.

    Un disque dont les médias alternatifs s'emparent très vite. En quelques mois, Funeral devient Le disque à écouter du moment et l'album le mieux noté chez le site américain de chroniques Pitchfork (il obtiendra la note exceptionnelle de 9,7 sur 10). 

    Un buzz grandissant se crée autour de ce groupe, les avis élogieux de David Bowie et de David Byrne achèvant de monter en épingle ce bruit en provenance du Canada.

    Arcade Fire est le groupe rock de l'année 2004.

    13 ans après, la musique de cette formation a considérablement changé.

    Après deux autres albums dans la lignée de ce premier disque, Arcade Fire a pris un virage pop dansant avec Reflektor produit par James Murphy (LCD SoundSytem).

    Un tournant en réponse à un désir de Win Butler and Co de ne jamais être là où on les attend. L'art subtil du contre-pied en quelque sorte.

    Si la démarche est honorable, très rares (Radiohead?) sont les exemples démontrant la pertinence de cette stratégie, notamment sur le long terme.

    A-t-on jamais reprocher à Mozart de faire du Mozart (et à Franz Ferdinand de faire du Franz Ferdinand?)

    Une tendance confirmée par le contenu d'Everything Now paru il y a quelques jours.

    Où comment passer de la pop indie lyrique de Funeral à une musique de plus en plus consensuelle et insipide. 

    Avec ce disque, la magie Arcade Fire disparait quelque peu pour laisser place à un maëlstrum plus ou moins calculé de couches sonores sans saveur.

    Si Reflektor était plaisant par son aspect aventureux le dernier opus paru ce vendredi pêche par un évident défaut d'inspiration et l'absence de ligne artistique claire.

    En confiant les clefs et les habillages de ses enregistrements à des sorciers du son que (James Murphy ou Thomas Bangalter pour le dernier album), la groupe a pris le risque de dénaturer son identité, ce qui fait le son Arcade Fire. 

    Si les musiciens qui composent Arcade Fire sont tous de brillants multi-instrumentistes capables de se fondre dans n'importe quel style, la marque AF elle est forte.

    A vouloir ne jamais refaire le même disque, les canadiens diluent le sel de leur art dans une potion au goût de plus en plus fade.

    Gageons que cette période (très rémunératrice) du groupe ne sera que provisoire et que le couple Butler/Chassagne saura revenir a ses fondamentaux.

    Dans le cas contraire, MBPR ne donnerait pas chère de la crédibilité à venir de ce groupe.

     

     

     


  • Commentaires

    1
    souris modest
    Mercredi 2 Août à 20:54

    Je le trouve limite écoutable cet album. Je trouve les titres criards, à la limite du supportables pour une écoute au casque. J'espère que tu as raison et que le groupe reviendra vers leur fondamentaux, en attendant faut digérer la déception.

    2
    Évidence
    Jeudi 10 Août à 21:10
    Il manque clairement de fire.
    Je suis portée à croire que le style changeant d'Arcade Fire provient de l'envie de rejoindre plus de gens et malheureusement, peut-être aussi une question monétaire.
    Il serait grand temps que les stations de radio commerciales ou ceux qui les dirigent, comme ici, au Québec, le CRTC évoluent autant que les artistes tentent de le faire, par leur propre moyen, car l'industrie musicale n'est pas pour les marginaux. Ils font pourtant un art qui leur ressemble et qui arrive à charmer plusieurs personnes.
    Nous avons qu'à penser à Muse qui a une certaine époque ne tournait pas à la radio (Ils ont dû s'ajuster sans trop perdre leur essence quoiqu'un peu).
    Une journée entière à l'écoute d'une chaîne radiophonique, nous prouve qu'il y a de la place pour eux. Nous aurions donc pas à entendre les mêmes chansons 15 fois par jour (gagnant/gagnant).
    Laissons place à la musique, la vraie, sans insipidité.
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