Un chanteur doit mourir.
C'est sous ce patronyme intriguant que le groupe originaire d'Angers A Singer Must Die vient de publier son second album.
Après un premier essai en 2007 sous la forme duo , le groupe se recompose fin 2011 autour d'une formule à six têtes.
Trois ans plus tard, l'escouade angevine se présente cet automne avec un nouvel album intitulé Venus Parade & More Songs Beyond Love.
Un disque dans la continuité de Venus Parade, l'EP 7 titres que le groupe avait fait paraitre en janvier dernier.
SI l’époque actuelle est aux gadgets sonores, cette formation atypique vous embarquera à l'inverse dans une toute autre direction, celle d’une musique authentique, baroque, composée avec une grande minutie et ornementée de chœurs, de vibrantes cordes, de sons de cloches…jusqu’à même des sons de cor magnifiquement agencés.
Elevés au biberon du romantisme britannique (Beatles, Divine Comedy, Bowie, Scott Walker) ces jeunes gens ne craignent pas d’étaler ni leurs capacités ni leur savoir-faire.
Arrangements luxueux, songwriting de haute volée, les chansons (portées par le timbre suave de Manuel Ferrer) d'A Singer Must Die sont comme de mini voyages qui vous emportent, vous transportent et vous laissent rarement à quai.
Aux chansons de de mini-album, le groupe en a ajouté cinq autres : "The Fortress", "Christmas Will never Be As It Was" ou l'aérien "As If We Could Make Unique Things Twice" qui confirment le potentiel de cette formation encore méconnue.
« Smoky Mourners », «Black Limo », « The Fortress »,« By The Dawn of Monday », ou le touchant duo masculin/féminin « A Right Arm Beyond Love » sont autant de pépites qui ne pouvaient demeurer plus longtemps dans l'anonymat.
Heureusement, un homme, connaisseur, a su voir le Précieux en gestation. Je veux parler du producteur Ian Caple, ingénieur du son de renom et faiseur d’un bon nombre d'albums d’artistes (Pulp, Suede, Bashung, Yann Tiersen, Boo Radleys) au pedigree prestigieux.
Un instrumental aux accents de western pour démarrer puis les choses sérieuses qui commencent avec le superbe « Smoky Mourners ».
Changement d’ambiance avec les deux titres suivants : l'aérien« Still words » d'abord, dont l’atmosphère acoustique dandy évoque The Divine Comedy ou Morrissey et "A sordid tango » nous plonge dans une atmosphère cabaret rappellant autant Kurt Veil que le Bowie des débuts.
« Black Limo » nous invite à un petit tour en limousine aux vitres fumées. Toutes guitares dehors et ces sons de cloche rappellant les atmosphères londoniennes.
Retour à la pop (flamboyante) à guitares avec« Fell Foot Wood » un morceau dont le refrain catchy évoquant Editors ou Girls in Hawaï.
« By the dawn of the Monday » clôt magnifiquement ce premier mini-album avec un titre à l'atmosphère baroque et féerique, le refrain lyrique à l'extrême nous entraînant dans un carrousel sonore dont ont pensait que seuls Arcade Fire (celui de Funeral) en avaient le secret.
Armés de ce disque et de leur (fol) enthousiasme, ce nouveau venu sur la scène hexagonale peut envisager le futur avec optimisme.
Venus Parade, leur dernier album est un petit bijou d'orfèvrerie pop comme l'on n'en croise peu par ici .
Alors si, comme l'affirme ASMD un chanteur doit mourir, ce sera je l'espère les concernant, le plus tard possible.
MBPR
