16 ans après leur dernier album publié en 2008, le groupe du toujours jeune (65 ans) Robert Smith est de retour demain, en ce lendemain d'Halloween (ça ne s’invente pas). Une date symbolique pour ce groupe devenu au fil des années une légende du rock anglais et de la musique pop/rock.
Si cette sortie est taxée d’évènement dans le monde la musique pop/rock, elle est également pour moi l’occasion de me repasser les anecdotes vécues au travers l’oeuvre de ces anglais singuliers.
Flash back.
Pas encore adolescent lorsque le groupe de Crawley dans l’Essex se fait connaître avec le single « Boys Don’t Cry » en 1979, je n’ai pas été par conséquent un fan de la première heure.
Davantage préoccupé à tendre l’oreille en direction des productions issues de la décennie précédente j’ai attrapé avec un peu de retard le train de Cure.
C’est un titre en particulier qui me fera prendre celui-ci, le single « Charlotte Sometimes » publié en 1981. Un morceau qui ne figure sur aucun album, excepté Staring At The Sea, la première compilation de Cure sortie en 1986.
C’est avec ce best of que je vais monter dans le véhicule dirigé de mains de maître par ce bon Robert.
Ce disque c’est une pochette d’abord. Celle, couleur jaune sépia, mettant en scène un homme (un pêcheur à la retraite) aux traits burrinés par les années passantes et qui rappelle le temps qui passe.
Avec cette compilation je découvrais l’univers de The Cure et je me régalais des singles « A Forest », « Jumping Someone Else’s Train » ou encore « Play For Today » et de son entêtant refrain.
A cette époque, Robert Smith s’était déjà transformé (après quelques épisodes dépressifs) en une sorte de Pierrot gothique. Avec sa coiffure excentrique et son rouge à lèvres débordant, il était un héros de carnaval imprévisible et charmant.
Musicalement, les choses avaient bougé aussi. D’une musique minimaliste dite cold wave et descendante de Joy Division et Wire, The Cure était devenu un fabriquant hors-pair de tubes pop. Les pièces « In Between Days », « Close To Me » ou « Let’s Go To Bed » en étaient les plus beaux exemples.
Et puis il y avait cette émission à la TV, Les Enfants Du Rock animée par Philippe Manoeuvre et Antoine De Caunes dont le générique avait été composé par Robert Smith.
« Just Like Heaven » et sa ritournelle à la guitare était la porte d’entrée parfaite pour entrer dans l’univers de ce groupe devenu familier avec les années. La Cure mania battait alors son plein dans l’hexagone.
En 1989 Disintegration marque une rupture. Lassé des succès radiophoniques, le groupe va s’orienter vers une musique plus atmosphérique.
Ce disque, bijou de noirceur, est l’opus avec lequel Smith semble le mieux exorciser ses souffrances
« Plainsong » « Fascination Street » « Pictures of You » sont des petits bijoux d’orfèvrerie pop à guitares reverbérées, bien aidé par le mixage de Dave Allen, une référence en matière de cold wave.
Plus inspiré que jamais, Smith est au sommet de son art. Il compose deux titres devenus des standards : « Lullaby » et « Lovesong », dédié à sa femme Mary.
Le groupe écoulera plus de 4 millions de copies de ce disque devenu encore à ce jour leur plus gros succès commercial.
Avec ce virage conceptuel, Smith renoue avec la veine dark de l’album Pornography parue aux débuts de cette décennie eighties. Quelques années plus tard il affirmera qu’il s’agissait d’une trilogie achevée avec l’album Bloodflowers paru en 2000.
Les années et les albums qui suivent sont ceux du déclin amorcé d’abord avec l’album Wish, jusqu’au dernier 4 :13 Dream publié il y a plus de seize années. Sans jamais renier son univers pop psyché, le groupe traversé par des conflits personnels, ne semble plus capable d’offrir les perles de la décennie précédente.
A tel point que Smith annonce même en 1996 la possible fin du groupe.
De nombreuses invitations à jouer (dont celle de Bowie en 1997 à l’occasion de son cinquantième anniversaire) vont maintenir le groupe à flot malgré des changements intempestifs de personnels.
Le groupe continuera ainsi de se produire dans les plus grands stades et de faire plaisir à leurs fans.
Cette année a vu le groupe publier deux extraits de ce nouvel album intitulé Songs Of A Lost World. Un premier extrait « Alone » puis un second « A Fragile Thing » deux morceaux via lequel Cure renoue avec la période mélancolique de la fin des années 80, celle de Disintegration.
C’est donc avec un sentiment de curiosité mếlé à une appréhension que MBPR découvrira ce quatorzième disque de ce groupe né un jour de 1964 d’une rencontre fortuite entre deux amis Robert Smith et Lol Tolhurst.
Cet automne 2024 sera froid. C'est certain.
PS : Pour celles et ceux que ça intéresse le groupe jouera son album en live ce soir sur You Tube à partir de 21h
