C’est une vieille histoire... de plus de quarante années.
Celle née d'une rencontre entre un ado et un artiste, incroyable.
Je veux parler du Boss : Bruce Springsteen.
Tout a commencé avec l’écoute en 1984 d’un premier titre, le remuant « Dancing In The Dark », accompagné d'un vidéo-clip devenu fameux au vu de l’apparition d’une actrice non moins célèbre, la ravissante Courtney Cox (Monica dans la série culte Friends).
Tandis que les radios hexagonales martelaient le single « Born In The USA », MBPR succombait au charme de ce chanteur venu d’Outre-Atlantique. Cet américain aux airs de déménageur portait en lui quelque chose de fort, une âme. Sur la planète rock, Bruce ne ressemblait à personne d’autre.
En pleine new-wave mania, cet artiste proposait une musique qui ne se souciait d'aucune mode, et délivrait un rock à l’américaine, puissant et mélodieux, d’une efficacité redoutable.
L’achat de l’album du même titre allait confirmer ces impressions fugaces.
Du tube radio à des titres plus intimistes, cet opus se révélait irrésistible à mes tympans. La mode du single « Born In The USA » passée, votre serviteur se repassait les « Cover Me » « Dowbound Train » « Bobby Jean »… avec bonheur.
Songwriting racé et charme latino-irlandais, Bruce faisait à chaque fois mouche.
Passé ce coups de coeur discographique, la face scénique de celui qu’encore aujourd'hui on surnomme le Boss allait bientôt se révéler.
Quelques mois plus tard, je devenais l’heureux possesseur d’un objet devenu avec le temps un collector : le coffret live 3 CD 1975 – 1985 paru en 1986, devenu à mes yeux le meilleur moyen afin de rattraper mon retard en matière d’oeuvre springsteenienne.
Ces 3 disques me familiarisaient avec le Bruce d’avant Born in the US, celui des disques Born To Run ou Darkness On The Edge Of Town.
S’offraient à moi des version survoltées des « The River », « Racing In The Steet », «Because The Night », sans oublier l'épatant « Fire » ou le génial « Thunder Road ».
Moi et Bruce, nous nous rapprochions...
En 1988, dans le cadre de la tournée Tunnel Of Love, une émission musicale d'une radio grandes ondes diffusait un des premiers concerts ce ce nouveau tour.
Je me souviens de cette heure passée à écouter les nouveaux morceaux du Boss, entrecoupés des interventions de l’animateur Georges Lang, lequel nous contait les anecdotes les plus fameuses concernant le Boss.
De la formation de son groupe, en passant par ses débuts dans le New-Jersey au mot célèbre du producteur John Landau (qui déclarera avoir vu le futur du rock en Springsteen et son groupe sur scène) jusqu’à ses frasques amoureuses et son parcours discographique, cette session live a été pour MBPR une véritable initiation.
En quelques minutes, la passion du Boss s’était inoculée sous ma peau et le virus Bruce m’avait définitivement contaminé.
L’envie de vivre ces émotions était devenue quasi insoutenable. Rapidement je me procurais le précieux sésame pour ce rendez-vous immanquable du 19 juin (une date inoubliable car quelques jours avant les écrits de mon bac) 1988 à l’Hippodrome de Vincennes.
Et, je me souviens de ce jour brûlant d’été, de ce trajet épuisant depuis ma banlieue en train puis en métro pour me rendre dans cette enceinte habituellement réservée aux courses hippiques à la rencontre du public de cet artiste à la renommée internationale.
Le concert fut long... trop long sans doute. Plus de trois heures d’un show passionné, éreintant, au cours duquel la star interpréta la plupart de ses tubes.
Je me souviens de ce vibrant « Adam Raised A Cain » tiré du fomidable album Darkness On The Edge Of Town , des morceaux du nouvel album Tunnel Of Love, qui selon MBPR (qui sait reconnaître lorsqu’il se trompe) ne pouvait être qu’inférieur au chef d’oeuvre qui le précédait et ne générer qu'une déception.
Je me souviens également de ces longs laïus parlés du chanteur précédant le « War » d’Edwin Sarr repris de manière explosive.
La bête scénique n’usurpait pas sa réputation.
Ce premier contact avec l’ami Springsteen fut suivi quelques semaines plus tard d’un nouveau rendez-vous, imprévu. Altruiste, le chanteur avait en effet décidé de se joindre à une initiative lancée par une poignée de musiciens engagés pour la cause des droits humains.
C’était la tournée Amnesty International, première du nom, qui emmenait avec elle (excusez du peu) Sting, Peter Gabriel, Youssou ‘N Dour et la novice Tracy Chapman. Une affiche de légende que la présence du Boss réhaussait encore pour la rendre mythique.
Billet en poche, je me souviens avoir assisté à la prestation extraordinaire de l’auteur de « Born In The USA ».
Programmé en dernier passage, le chanteur avait alors retourné le Palais-Omnisport en une heure trente d’un show donné tambour battant, d’autant plus impressionnant qu’il avait été débarrassé des temps morts entendus quelques semaines plus tôt.
En très grande forme, Springsteen avait ce soir tout emporté sur son passage.
Comme à Vincennes, le spectacle s’était conclu avec un« Twist And Shout » endiablé emprunté aux mythiques Beatles .
Cette double expérience en compagnie du le Boss avait validé en quelques semaines tous les éloges entendus ici et là. Bête de scène, alchimiste et chanteur à l’énergie hors du commun, artiste engagé et homme de convictions, Bruce Springsteen était tout cela.
En un mot : un Géant.
Depuis, le Boss a continué de me charmer avec des disques comme The Rising, Magic, Devils And Dust ou plus récemment Working On A Dream.
Aujourd’hui, j’ai 53 ans, et mon amour pour Bruce est demeuré intact.
Longue vie au Boss.
MBPR

