Le troisième opus des canadiens est paru aujourd'hui dans les bacs
Un album attendu par certains comme le Messie ou le sauveur du rock
Alors qu'en est-il ?
Premier constat: cette galette est la plus longue (en terme de durée) de la discographie du collectif montréalais : plus d'une heure de musique pour seize chansons au total
L'aspect extérieur ensuite : la jaquette (il en existe huit différentes) colorée donne le ton : il s'agit d'une vue ordinaire (une automobile stationnée devant un pavillon middle-class) de la vie dans les banlieues américaines, thème central de ce disque
Rien de que de très banal donc
On imagine alors l'ennui poindre
D'ennui il ne sera fort pas encore question avec ce disque
Ca part de façon charmante avec le titre éponyme, une ravissante ballade au piano avec laquelle les canadiens semblent prendre la main de l'auditeur pour le guider sur le chemin de ces quartiers pavillonnaires dont ils envisagent de nous conter le quotidien
Bien vu. Droit au coeur
Vient ensuite "Ready to start", un morceau beaucoup plus rythmé qui lance la machine AF. Un single potentiel et un des meilleurs titres du disque (le "Rebellion" de The suburbs à mon sens)
"Modern man" on se verrait bien l'écouter au volant d'une vieille Chevrolet, une fille blonde sur la banquette arrière. Nostalgie...
"Rococo" est dans le plus pur style AF. Sorte d'"Intervention" n°2, cette chanson , à la fois grave et solennelle fait la part belle aux arrangements de cordes signés Owen Palett. Du grand art (j'ai personnellement hâte d'entendre ce morceau sur scène)
"Empty room" est une petite tornade sonore chantée par Régine et le titre qui rappelle le plus l'atmosphère présente sur Funeral
"City with no children" possède (comme souvent) des accents sprinsgteeniens. C'est pas génial mais ça passe
"Half light I" est un titre d'une mélancolie belle à pleurer alors que sa seconde partie évoque... Blondie avec l'omniprésence de synthés
Cet album (qui estune démonstration de tout ce qu'Arcade Fire sait faire) se démarque du fait de la part belle réservée aux influences eighties du groupe
Des Talking heads à Springsteen en passant par Blondie ou Echo and The Bunnymen, cet opus des canadiens confirme que ce groupe (en rien novateur) est bien un des plus rétro qui soit (cela ne diminuant en rien la valeur de leurs chansons)
"Suburban war" est une petite douceur dont AF a le secret
"Month of may" est un "antichrist televison blues" version garage rock, toutes guitares dehors, avec au beau milieu un break spectaculaire. Simple mais efficace
"Wasted hours" évoque le temps qui passe avec un trâme musicale magnifique
"Where to go and what to do"? On ne se lasse pas de ces paroles pleines d'humanité de Butler qui confirme sur cet album qu'il est bien l'âme, le cerveau et même le gourou d'AF
Presque pompier, "We used to wait" mélange les sonorités de God Speed You Black Emperor avec la new-wave. Il fallait oser.
es deux derniers morceaux "Sprawl" et "Sprawl II" demeurent dans ce cadre à la fois sobre et élegant, le premier nommé ayant pu être écrit par Radiohead (ou bien Get Well Soon) période Ok Computer le second étant moins intéressant
Au final, si aucun titre ne se détache vraiment de cet album, celui-ci s'impose de par sa cohésion d'ensemble et surtout la qualité de ses arrangements réellement magnifiques
Reste à savoir s'il fera l'affaire sur la durée
Toujours est-il que les flamboyants canadiens viennent de placer la barre haut. Trois albums, aucun loupé. respect
Sans surprise, The suburbs (meilleur que Neon Bible mais un ton en dessous de Funeral) confirme le statut de grand groupe d'Arcade Fire et renforce sa domination actuelle sur la planète indie pop/rock
Qui peut prétendre faire mieux?
Radiohead peut être
www.myspace.com/arcadefireofficial