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Mercredi 27 novembre 2024.
Depuis plusieurs semaines, MBPR a surligné cette date de son agenda. C'est celle de la première soirée nantaise des Tindersticks.
Habitué des passages scéniques dans notre hexagone, le groupe de Stuart Staples a publié en septembre dernier Soft Tissue, un onzième album reçu avec enthousiasme par le public et la critique.
J’écoute cette formation depuis plus de 30 ans et la découverte en 1992 de leur premier album acclamé par les spécialistes qui est venu interrompre la grunge mania.
16h30, Angers. La pluie ne cesse de tomber tant et l’asphalte est détrempée. Vaille que vaille, je me lance dans ce trajet séparant la cité angevine de celle des Ducs De Bretagne. 90 kms parcourus sous une pluie battante jusqu’à l’arrivée à Nantes puis dans cette salle du Lieu Unique inaugurée en 2000.
19h30, me voici enfin à l’intérieur du hall d’entrée. A ma gauche, je distingue des rangées de tables sur lesquelles sont installées des personnes venues pour consommer quelques brevages. Face à moi, un écriteau avec le nom du groupe écrit en lettres capitales et une flèche m'indiquant le bon chemin à suivre.
Hâtant le pas, je place et je suis le public qui se presse pour atteindre le sas qui ouvrira les portes de notre paradis d’un soir.
19h50, la salle ouvre enfin ses portes et nous pouvons gravir les quelques marches (dans cette salle, les concerts ont lieu à l’étage) qui nous sépare des banquettes de cette salle.
20h20. Après quelques minutes à patienter, les membres du groupe pénètrent l’aire de jeu.
A ma gauche, il y a David Boulter claviériste élégant. A ma droite c’est Neil Frazer le guitariste. Plus au fond, Dan Mc Kinna chargé de tenir la guitare basse et à ses côtés le batteur Earl Harvin.
Ces quatre musiciens n’attendent qu’un signal, celui que donnera Stuart Staples, ce soir sobrement vêtu d’un costume sombre et d’un chapeau. Un dodelinement de la tête en guise de top départ donné à ses acolytes fera l'affaire.
Le démarrage s’effectue en douceur. Les premiers titres sont des morceaux très peu joués jusque là sur scène par le groupe. « How He Entered » (extrait de The Waiting Room) ou de « Trees Fall » tiré de No Treasure But Hope leur avant-dernier opus, ces anglais ne se sont pas lancés dans une opération visant à séduire le public.
Attentif bien que quelque peu dérouté, celui du Lieu Unique semble avoir du mal à adhérer à ce démarrage tout en retenue. Staples murmure ses paroles davantage qu’il ne les chante et ne communique pas une présence très enjouée.
Très libre et sans aucune considération commerciale, le groupe délivre une longue version de « The Bough Bends » un titre obscur tiré de leur album Distractions publié en 2021.
Il faudra attendre « A Night So Still » et l’envoûtant « Medecine » single tiré de The Something Rain, pour que les quelques 500 spectateurs du Lieu Unique manifestent leur contentement d’être en face de ce groupe singulier.
Il est 21h et le groupe emmené par Staples poursuit sur la lancée de ce début de concert. Atmosphère intimiste et tempos langoureux sont au menu ce soir. Deux belles versions de « Nancy » et de « Willow » nous transportent dans un univers onirique.
Jusqu’à ce que le tempo soutenu d’« Always A Stranger » tire le public de cette torpeur dans laquelle Tindersticks l’avait plongé. Un morceau hypnotique qui prend toute sa dimension sur la grande scène du Lieu Unique.
A partir de ce moment-là, Tindersticks ne jouera plus que des pièces extraites de leur dernier album
Sans les choeurs de la chanteuse britannique soul Gina Foster, c’est au claviériste qu’il revient d’habiller les rythmiques des chansons de Staples. A l’aide de ses trois claviers superposés et de divers pédaliers, le musicien parvient à créer des climats sonores parfaits pour accueillir la voix chaude de Staples.
Le second acteur de cette partition d’orfèvres est le guitariste Neil Frazer. Tout le long de ce concert, je n’aurai de cesse de noter l’intelligence de ses placements et de ses lignes de guitares. Toujours sur le fil et sans jamais tomber dans la facilité (ici les solos de guitare sont proscrits), Frazer habille parfaitement les compositions feutrées du groupe à l'aide de ces trouvailles sonores.
Et puis il y a la section rythmique, toujours impeccable. Le bassiste grisonnant Dan Mc Kinna et le batteur Earl Harving, tout en costume noir. Véritable métronome, ce dernier sera celui qui donne le tempo des titres jouée ce soir. Avec son jeu aérien et son toucher jazzy, Harving créé les respirations et les accents que la musique Tindersticks réclame pour s’épanouir.
« The Secret Of Breathing », « Turned My Back », « Don’t Walk, Run » et le somptueux (et très applaudi) « New World », le groupe de Nottingham fait honneur à son dernier album Soft Tissue.
Il est 21h40 et Stuart Staples annonce au public que le groupe s’apprête à chanter le dernier titre de la soirée.
C’est sans compter avec les applaudissements nourris qui feront revenir le groupe le temps d’un rappel de trois titres.
Parmi ceux-là, il y a la remarquable « Pinky In The Daylight » , une valse indé qu’on croirait extrait d’un album du Velvet Underground (Stuart Staples n’est-il pas un Lou Reed à l’anglaise?) ou encore le très intime et touchant « For The Beauty » qui clôturera cette très belle soirée.
Toujours passionnant en studio comme sur scène, les cinq membres de Tindersticks salueront chaleureusement le public qui ce soir-là a bravé les intempéries... dont votre serviteur reparti de cette soirée en pensant à l’instant de quitter le Lieu Unique que le groupe qu’il avait pu écouter ce soir-là ne l’était pas moins.
Set-List
1 - How He Entered
2 - A Night So Still
3 - Trees Fall
4 - Falling, the Light
5 - Nancy
6 - Second Chance Man
7- Ladybraid
8 - Willow
9 - The Bough Bends
10 - Medecine
11- AlwaysA Stranger
12 - The Secret of Breathing
13 - Turned My Back
14 - Don’t Walk, Run
15 - New World
16 - Soon To Be April
Rappel
17- Stars At Noon
18 - Pinky In The Daylight
19 - For The Beauty
