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MY BEST POP & ROCK

Découvertes, coups de coeur, news... au gré de mes envies

'The Eraser' THOM YORKE | 25 septembre 2006

Personne sensibles s'abstenir!
Telle pourrait être la consigne accompagnant l'écoute de The Eraser, premier album solo tourmenté et bouleversant de Thom Yorke le chanteur de Radiohead.
Lorsque le leader (et accessoirement tête pensante) du groupe le plus acclamé de son époque sort son premier disque en solo, c'est logiquement avec un a-priori positif qu'on tend une oreille attentive en sa direction.

Il n'est pas utile de rappeler la crédibilité qui entoure Radiohead et son chanteur Thom Yorke depuis l'album Ok Computer qui fit entrer les anglais dans la cour des très grands puis après le virage radical pris avec les opus « Kid A » et son suivant immédiat « Amnesiac » qui ont définitivement consacré Radiohead comme le groupe le plus influent de son époque.
Depuis la sortie de ces deux disques qualifiés d'expérimentaux on le sait il y a chez les anglais deux versants qui cohabitent : un versant pop à guitares (très présente dans les trois premiers albums du groupe) et un versant plus expérimental à forte tendance electro incarnée par le surdoué Johnny Greenwood et le chanteur, devenu anti-héros par excellence, Thom Yorke.

Depuis des années, celui-ci avait donc accumulé des idées et des bribes morceaux dont il savait qu'ils ne pourraient jamais trouver place sur un album futur de Radiohead. Plus qu'un véritable disque en tant que tel, The Eraser (littéralement l'effaceur) est donc le produit compilé de cette activité en marge du groupe et de tous ces « accidents sonores » comme le dit son auteur.

Effacer de son cerveau les pensées et peurs qui le ou nous traversent, ça pourrait bien être le sens de cette nouvelle entreprise du chanteur de Radiohead.
Enregistré avec l'aide du fidèle Nigel Godrich, on y retrouve le Thom Yorke de Kid A et Amnesiac, à savoir musicalement majoritairement electro et vocalement plaintif et exceptionnel.

La chanson éponyme qui ouvre l'album donne le ton : minimalisme ambiant (un piano bancal sur des beats electro), très peu d'instruments et une voix inimitable, celle de Thom Yorke, par dessus. C'est peu sans doute mais ça suffit pour installer un climat à la fois étrange et inquiétant qui ne se démentira jamais tout au long des neuf titres (trop peu) qui composent ce disque. On entre définitivement dans ce monde chatotique avec Analyse, second titre où une ligne mélodique claire et lumineuse vient s'ajouter à des climats élctroniques plutôit sombres.

on reconnaît déjà bien là le style de Thom Yorke et du Radiohead des trois derniers albums.
Alternant morceaux accessibles presques pop (si tenté que ce qualificatif s'applique pour ce disque là) et titres plus experimentaux, The eraser est un album à la fois intense et très homogène dont les voies difficilement pénétrables ne se révèlent qu'après de nombreuses écoutes.
La jaquette sur laquelle où aperçoit un mage tenter de repousser les forces du Mal menaçantes pourrait bien résumer l'état d'esprit dans lequel son auteur se trouvait au moment de l'écriture du disque. On sait Thom Yorke très concerné par tous les problèmes que peut recontrer l'humanité et nul doute que les problèmes de polluution de notre planète où les question politiques doivent être une source intarrissable à la fois d'angoisse et d'inspiration pour ce chanteur torturé qu'est le leader de Radiohead.


Tour à tour oppressantes, envoûtantes ou au contraire invitant à la rêverie, ce court effort en solo de Thom Yorke nous emmène dans un monde effrayant où l'on finit par ne plus savoir qui de l'homme où de la machine domine.
De ce magma toujours en fusion émergent certains titres plus comme ce Black Swan au riff proche du I might me wrong de Amnesiac, le somptueux Atoms for peace, mélange de Boards of Canada et de post rock à la Mogwaï ou encore le désespéré « Cymbal rush » qui n'est pas sans rappeler certains titres des derniers disques de Radiohead (on croit même reconnaître la batterie de Phil Selway sur la fin).

Et puis il y a la voix...
Sur ce The Eraser, Thom Yorke n'a peut être jamais aussi bien chanté, son chant toujours aussi mélancolique et envoûtant a gangné en justesse et en sobriété. Il vient apporter la nécessaire touche d'humanité et de chaleur à un ensemble musical froid et oppressant de prîme abord.
Car c'est précisement dans dans cette dualité permanente entre chaleur et froideur, entre luminosité vocale et ténèbres musicales que réside le miracle de The Eraser.

Un bémol cependant : la durée trop courte (neuf titres seulement) de ce premier opus en solo du chanteur de Radiohead qui devra la prochaîne fois faire peut être davantage pour se hisser à la hauteur (très élevée il est vrai) du groupe dont il est à la fois le cerveau et le chanteur

On ne sait encore à quoi ressemblera le prochain disque de Radiohead, mais nul doute qu'avec avec cette escapade en solo, Thom Yorke son leader aura réalisé les fantasmes qu'il se refusait avec son groupe et se sera débarassé de bien des obsessions.
Pour le bien de tous?


Titres recommandés : Analyse, Black Swan, Atoms for Peace, Harrodown Hill, Cymbal Rush

www.the eraser.net

Publié par volfoni77 à 03:58:31 dans gros plan | Commentaires (0) |

MIOSSEC ( et les médias d'ici-bas) | 02 septembre 2006


En cinéma, on dit généralement que les suites sont toujours moins bien que les premiers. C'est sans doute moins vrai et moins systématique pour la musique mais le constat s'impose que mis à part quelques rares cas en voie d'extinction, nombreux sont les groupes et artistes qui s'échouent sur l'écueuil du nécessaire renouvellement et dont la source d'inspiration s'assèche disque après disque.
Un exemple frais : Christophe Miossec, chanteur breton qui fait son retour avec « L'Etreinte » sixième opus sur lequel on a un peu de mal à reconnaître l'artiste écorché et amer qui nous charmait sur « Boire l'album qui le révèlât en 1995.
Il y a deux ans Miossec fêtait son quarantième anniversaire en sortant un album sobrement intitulé « 1964 », l'année de sa naissance. Immédiatement consacré meilleur disque du brestois,. La presse et les grands médias (la télévision généraliste notamment qui l'avait jusque là totalement ignoré) ne ratait pas l'occasion d'enfin reconnaître comme il se doit celui qu'on présentait à ses débuts comme le nouveau Gainsbourg.
Comme s'il avait fallu attendre le cinquième opus pour se rendre compte du talent du bonhomme.
Mais là où les fans inconditiionels de Miossec pouvaient commencer à s'inquiéter c'etait à la lecture des arguments avancés pour justifier cette reconnaissance tardive : « album de la maturité » (bouh quelle horreur), « Miossec assagi », « moins de textes, davantage de musique » « un Miossec apaisé »... autant d'éléments qui démontraient qu'il avait fallu apparemment que le chanteur ravalât sa bile et sa rage des débuts pour mériter le concert de louanges dont il était devenu l'objet pour « 1964 ».
Toujours est-il qu'avec ce disque plus calme et très orchestré, le chanteur brestois devenait respectable et fréquentable.

A l'écoute de son nouvel opus « l'étreinte » tout frais sorti la semaine dernière, je me dis que « 1964 » était un bien bel album.
En tout cas, meilleur que ce disque lourdeau, inégal, barbant même parfois et assez peu surprenant tant mélodiquement qu'au niveau des paroles.
J'aurais dû un peu m'en douter en découvrant la pochette du disque où l'on découvrait le portrati peint de Miossecle avec des couleurs vives et chatoyantes qui contrastaient beaucoup avec les pochettes plutôt sombres ou clair-obscures auxquelle le brestois nous avait habitué..
L'écoute du premier single « La facture d'éléctrictité » m'avait aussi bien refroidi : mélodie poussive, lyrics pas fameuses (« jai pris peur de tes baisers comme on prend peur des araignées ») et des chœurs guillerets pour enrober tout ça, on était loin du Miossec des débuts.Dire que la suite est du même tonneau serait tomber un peu dans la caricature mais on se demande où est bien passé le Miossec de « boire « et baiser » celui des lendemains de cuite et des désillusions.
Bon, tout n'est pas mauvais dans cet disque.
Certains titres (La mélancolie, Le loup dans la bergerie, La grande marée) sont même assez émouvants et poignants mais il manque ce petit quelque chose qui fait pencher la balance du bon ou du mauvais côté.
On peut y entendre un Christophe Miossec plutôt jovial et apaisé (rendant hommage à sa « maman » et à son « bonhomme » notamment) dans la lignée de « 1964 » avec la désillusion en moins.
A l'évidence, le breton a vieilli (et nous avec).
A moins qu'il s'agisse d'une nouvelle attitude, d'un Miossec nouveau, le Miossec de Bruxelles, heureux de vivre (et accessoirement épanoui sentimentalement) qui souhaite désormais « mettre davantage de lumière dans sa musique » qu'il trouve désormais « un peu triste » (sic).
Dommage. Je l'aimais bien moi le Miossec ombrageux des débuts.

Bien sûr, tout juste sorti, « L'étreinte » recueille déjà tous les suffrages de la presse qui, unanime (de Telerama aux Inrocks, en passant par le Monde ou France 2) encense et couvre de d'éloges un disque « lumineux », dont on dit que c'est le « meilleur album de Miossec ».
Que voulez-vous, au même titre que Dominique A, M , Cali ou Emilie Simon, il fait désormais partie de ces artistes intouchables qui sous prétexte de représenter (il est vrai dignement) une nouvelle chanson française qui souffre un peu de la comparaison avec ses aînés (l'héritage Brel Ferré Brassens Ferré est parfois lourd à porter), bénéficie d'un traitement de faveur de la part médias qui empêche toute objectivité quand à la valeur réelle de leurs productions.
Une insitution donc, en quelque sorte.
Un comble quand même pour quelqu'un qui écrivait ces lignes en 1995 : « Regardes un peu la France/ c'est magnifique toute cette torpeur/Tous ces anciens de l'adolescence/ Immobiles devant Pasqua l'horreur/


www.christophemiossec.com

Publié par volfoni77 à 13:26:46 dans gros plan | Commentaires (0) |

Love will tear us apart (again ...) | 23 juin 2006

Pour les nostalgiques des regrettés Joy Division, un blog indispensable qui a recensé et mis en ligne toutes les reprises du fameux tube de Ian Curtis et sa bande

http://myoldkyhome.blogspot.com/2006/05/love-will-tear-us-apart.html

A écouter tout particulièrement :  les versions de The Cure, José Gonzales, Calexico, Moonspell ou autre Hawksley Workman  

 

 

Publié par volfoni77 à 02:18:59 dans gros plan | Commentaires (0) |

Gros plan sur : MONO | 12 juin 2006



Il y a des groupes qui paraissent éprouver éternellement le passage en studio comme un véritable crève-cœur, sorte de moment paradoxal où ils perdent la plus grande partie de leur savoir faire pour ne plus être que des groupes banals presque anecdotiques.

Les prestations live des japonais de Mono ont fait leur renommée depuis longtemps et il était toujours plus frustrant de trouver leurs albums sinon médiocres du moins sans autre valeur que la manifestation d'un goût prononcé pour les mélodies profondes et les masses sonores.

'You are there' nouvel opus du groupe sorti le mois dernier efface enfin ce jugement.

Alors qu'habituellement l'énergie mise sur scène par le groupe avait du  mal à se retrouver sur disque, elle n'aura jamais été aussi bien retranscrite que sur ce nouvel album où l'alchimie entre le groupe et son producteur (le légendaire Steve Albini) semble avoir fait des ravages.

Et l'on découvre alors la vraie nature de ces quatre jeunes japonais.

Tout particulièrement ce talent pour tisser des ambiances rêveuses à base de très peu d'éléments : deux guitares,  l'une vaporeuse l'autre à la façon de David Paio de Slint se répondent au beau milieu d'un paysage balisé par une basse décharnée et des rythmes post-rock, entre saccades et silence. 

Composé de six titres dont certains de plus de dix minutes, « you are there » comporte des séquences à couper le souffle comme ce « Are you there » et sa lente progression qui se conclue par à un final épique porté par des cordes et des guitares planantes et qui est véritablement Le joyau de l'album.

Bien que très noisy, le disque fait la part belle aux contrastes avec des temps calmes qui le sont vraiment et des explosions impressionnantes de puissance et de volume sonore.

Mais c'est tout le disque et ses six pièces qui font preuve d'un équilibre rare presque conceptuel qui alterne montées en puissances typiques du post-rock et ressacs tranquilles où se débattent les plus beaux arpèges et les couches en apesanteur.

On pourra objecter que cet opus-là aurait dû sortir beaucoup plus tôt, peut être même il y a  dix ans au moment où le post rock de GSYBE et autres Mogwai prit son envol, il  n'empêche qu'avec « you are there » les japonais de Mono dépassent le niveau généralement atteint par ses prédécesseurs et se pose en digne cousin de ces deux piliers de la scène post rock.  

Captivant et passionnant de bout en bout, on osera comparer ce "You are there" à des opus mythiques comme le fameux Laughing stock des Talk Talk ou le célèbre Come on die young de Mogwaï, sans doute le chef d'œuvre des écossais.

La vraie question demeurant : y-a t-il une vie après ce "you are there" de toute beauté?

www.mono-44.com

www.myspace/monojapanrock

Publié par volfoni77 à 23:55:39 dans gros plan | Commentaires (0) |

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