Aujourd'hui sort The Eternal le nouvel album des vieillards de la jeunesse sonique
Seizième album pour les new-yorkais dont la longévité force le respect
Un son reconnaissable entre mille, deux décennies et demie au service d'une musique novatrice, expérimentale et intransigeante, c'est plus qu'il n'en fallait pour que P4TV décide de rendre hommage à ce groupe majeur
Au menu de cet hommage : une session où l'on voit les américains interpréter cinq titres de leur nouvel album et une exclusivité, une improvisation d'une heure du guitariste Lee Ranaldo avec un artiste du nom de Singer (c'est dans la rubrique one week only)
Un bien bel hommage rendu à ce groupe indispensable de la planète indie
Publié par volfoni77 à 23:31:50 dans gros plan | Commentaires (2) | Permaliens
Placebo c'est fini
Le nouvel album est une parodie
Affreux affreux
On a parfois l'impression d'entendre une espèce de cousin de Linkin Park
ça sent le sapin là
En revanche, l'homme Molko demeure un des personnages les plus sincères et les plus attachants de cette planète indie
La preuve avec le dernier entretien accordé à Beauvalet des Inrocks dans laquelle le chanteur dit tout
Tout des faux-semblants de la précédente tournée, du grand cirque du rock, des rapports conflictuels au sein du groupe, de ses problèmes de santé (il est diagnostiqué "malade) etc
Une interview vérité comme on aimerait en lire plus souvent et que je vous ai reproduite intégralement
La parole est à Brian (soumis aux questions de JD Beauvallet)
Les inrocks : Le nouvel album commence par ces paroles : “J'ai besoin de changer de peau”.
Brian Molko - Il y a vraiment un sentiment de renaissance. Après Meds, nous étions arrivés en fin de contrat avec notre major, ça nous a forcés à nous poser la question : quel futur imaginons-nous pour Placebo ? C'était l'heure du grand nettoyage, nous n'étions plus heureux dans ce groupe. Si nous n'avions pas pris le taureau par les cornes, nous aurions maintenu le groupe en survie pendant quelques années, avant un inéluctable déclin. Je n'ai pas tout sacrifié pendant quinze ans pour laisser le groupe mourir à petit feu. Quand un angle s'affaisse dans un triangle, ça met en péril tout l'équilibre. Là, nous nous éloignions les uns des autres, la créativité s'en ressentait. Au lieu de faire front, comme à nos débuts, Stefan (Oldsdal, bassiste) et moi nous nous sommes recroquevillés chacun dans notre coin, par instinct de survie. Placebo, au lieu d'être un band, est alors devenu une brand, une simple marque : j'étais dans le compromis, sans la moindre sincérité, j'avais l'impression d'aller au travail, avec des collègues de moins en moins proches de moi. C'était un simulacre de démocratie
Les Inrocks : A quel moment as-tu senti ce déclin de Placebo ?
Pendant l'enregistrement de Meds… Nous sommes sortis du studio sans fierté, désunis, lessivés. Mais il y avait un tournée à assurer, alors nous sommes partis au front, comme si de rien n'était. J'espérais que ça allait cicatriser les plaies : ça les a amochées. Pendant deux ans, sur le route, je me suis vraiment senti seul. Je n'avais pas d'autre choix que continuer – je ne sais rien faire d'autre, c'est mon destin, ma seule valeur… Avec Stefan, nous avons alors décidé de récupérer notre groupe, son esprit, l'innocence qu'il avait lorsque nous composions, en 94, dans une cité HLM… Nous ne pouvions plus continuer dans ce cynisme. Même sur scène, on faisait semblant, ce n'était plus “nous contre le reste du monde”
Les Inrocks : Concrètement, le problème venait de votre batteur, Steven Hewitt. L'as-tu réglé en personne ?
A la fin de la tournée, on n'arrivait même plus à se regarder dans les yeux… Il était… imprévisible, j'avais peur de sa réaction, émotionnellement et même physiquement. Je l'ai donc prévenu par email, puis notre manageuse lui a annoncé officiellement qu'il ne faisait plus partie du groupe. C'était il y deux ans, nous ne nous sommes jamais reparlé. Depuis, nous avons recruté un autre Steven (Forrest) à la batterie, sa jeunesse, sa fringale, son optimisme de jeune californien ont été cruciaux pour nous. Il a tatoué “open minded” sur ses phalanges, et ce n'est pas pour rire. Nous avions besoin de lui pour nous sortir de nos crises de trentenaires, pour refaire de nous des mioches.
Les inrocks : Avez-vous changé jusqu'à vos habitudes d'enregistrement ?
Pendant l'enregistrement du nouvel album, nous nous sommes forcés à rester le plus loin possible du rock, nous n'écoutions que du classique, ou alors les Fleet Foxes et Sígur Ros. C'était important de vivre dans le vide complet, de sortir de nos habitudes, des tentations – c'est pour ça que nous avons quitté Londres pour le Canada. C'était en réaction à Meds, à son côté monochrome, claustrophobe, sans espoir – et aussi à son contexte de débauche. Je rêvais d'un album plus positif, plus coloré, en technicolor plutôt qu'en noir & blanc gros grain… Nous avons ressenti un vrai soulagement en finissant Battle Of The Sun, nous nous sommes surpris nous-mêmes, en nous débarrassant de nos inhibitions… Nous avions besoin de nous défier. Nous revenons de loin
Les Inrocks : Etiez-vous tombés dans une routine avant Battle For The Sun ?
Depuis nos débuts, il y a quinze ans, il n'y a jamais vraiment eu de répit, une routine s'était installée : écriture, puis enregistrement d'album, puis deux ans de tournée, puis six mois de désœuvrement… Là, le fossé a été encore plus long, car nous n'avions plus envie de confier notre musique à une major-company, nous voulions tout financer et faire nous-mêmes. Du coup, l'enregistrement à Toronto de Battle For The Sun a été un vrai bonheur, sans directeur marketing dans le dos à se demander si nous avions un single en chantier… Même notre manageuse ignorait ce que nous faisions. Elle recevait des factures – enregistrement de cuivres ou de cordes – et s'inquiétait de ce qui se tramait…
Les Inrocks : Es-tu impatient de retrouver la scène ?
J'ai besoin du retour du public, de sa reconnaissance. Là, je suis dans le doute, le vague, ça me tue. J'ai besoin d'être sur scène, financièrement, bien sûr, mais surtout psychologiquement. Cet exhibitionnisme m'est aussi nécessaire que boire et manger. Sans la scène, je ne pourrais pas être heureux, accompli
Les Inrocks : Tu sembles incapable d'arrêter : quand Placebo te laisse une seconde, tu enregistres ailleurs, avec d'autres. Est-ce une fuite en avant, un moyen de ne jamais gamberger ?
Il faut que je sois constamment occupé. La solitude ne me réussit pas, je peux facilement sombrer dans une totale isolation. Gamin, j'étais déjà comme ça, sur la touche, à part, aliéné des autres, de ma famille même. Je m'enfermais dans ma chambre, au Luxembourg, avec mes disques et ma guitare. C'est très facile pour moi de rechuter. Je dois lutter contre ça : avoir trop de temps pour réfléchir peut être très nocif pour moi
Les Inrocks : Peux-tu te réadapter à la vie de tous les jours après une tournée ?
J'évite de rentrer directement à la maison, je continue de voyager un peu, je rentre par paliers de décompression. Pendant deux mois, tout ce que je fais est dormir. Toutes les maladies que j'ai réussi à repousser pendant deux ans de tournée me tombent alors dessus. J'émerge d'une bulle, je me sens fragile, absent, réticent à tout… Je ne suis là pour personne, je m'éteints. En tournée, chaque décision est prise par quelqu'un d'autre, je deviens totalement assisté et ça m'épuise de dépendre à ce point des autres, j'aimerais souvent me faire à manger, faire ma lessive… Quand je reviens à la maison, je retrouve quelques compétences, une autonomie. Faire la vaisselle et nettoyer devient une nécessité
Les Inrocks : ça fait quinze ans que tu joues dans Placebo. Ça a été à la hauteur de tes rêves ?
Depuis que j'ai 14/15 ans, toutes les décisions que j'ai prises dans ma vie allaient dans ce sens : trouver ma voie, par le théâtre, le cinéma puis la musique, pour refuser le monde du travail. Aveuglément, j'ai cru à ma bonne étoile. Je me revois, gamin, assis sur les toilettes, répondant à des interviews imaginaires… Dans ma tête, il n'était jamais question de “si j'ai du succès un jour” mais de “quand aurai-je du succès ?”… J'ai brûlé tous les ponts derrière moi pour ce rêve. Vivre dans mes rêves, c'était une forme de protection. Je me sentais totalement divorcé de la vie en société, je savais que je ne pourrais pas y trouver ma place
Les Inrocks : Pour être chanteur de Placebo, as-tu dû t'inventer un personnage, te forcer ?
Il le fallait, ça a été ma réponse au succès. J'ai inventé un personnage très sûr de lui, bravache, braillard – qui était une exagération outrancière de moi-même. Une bête de foire et de fête… C'est une façon de plus rien ressentir, de tromper mon manque de confiance, la haine de moi… Et aussi de fausser compagnie à une dépression clinique qui me suit depuis l'adolescence. Car si je pouvais m'exprimer à travers les chansons, j'étais incapable de le faire au quotidien… Mais il a fallu que je finisse par tuer ce personnage, que je l'affronte. Ça a eu lieu peu après l'enregistrement de Meds, qui fût une véritable orgie de drogues et d'abus – c'était notre façon de nous voiler la face, de refuser de voir que Placebo allait mal… Je dépendais totalement de la drogue et de l'alcool, je suis parti en clinique pour me soigner (silence)… Quatre jours après ma sortie de l'hôpital, je partais en tournée. Par solidarité, Stefan a lui aussi arrêté de boire, c'était la première fois que nous tournions à jeun, c'était terrifiant… Après tant de concerts bourré ou défoncé, je me rends compte à quel point j'ai manqué de respect envers le public. Aujourd'hui, tout ce que je ressens sur scène est vrai alors que jusqu'ici, toutes mes émotions étaient distordues par ce que j'ingurgitais… Ça ne faisait qu'accentuer mon malaise : j'étais sur scène, face à des dizaines de personnes portant mon visage sur leur t-shirt, qui me hurlaient “I love you” alors que moi, je me détestais. J'avais envie de leur hurler : “tu ne m'aimerais pas si tu me connaissais”… Quoiqu'en dise la mythologie, on chante mieux, on joue mieux quand on est à jeun… Pendant l'enregistrement du nouvel album, en studio, j'étais à la fois présent physiquement et mentalement (rires)…
Les Inrocks : Tu as grandi en Belgique, au Luxembourg, en Angleterre, avec un père américain d'origine italo-française et une mère écossaise – as-tu manqué de racines ?
Dès la maison, j'étais tiraillé : ma mère était très religieuse, mon père était un homme d'affaires et l'un et l'autre, pour des raisons différentes, n'étaient pas d'accord avec mes envies de carrière artistique… Dès l'enfance, j'ai donc dû tailler à la machette ma propre voie, je savais qu'il n'y avait rien attendre des autres, que je leur prouverais un jour qu'ils avaient tort, que j'avais quelque chose à moi… Ça m'a donné la force et la détermination de devenir moi-même. Ce côté déraciné a sans doute contribué au fait que je ne me sente chez moi nulle part. Ça a surtout encouragé ma solitude. J'aurais adoré appartenir à une culture, une famille, une clique, mais ça m'était fermé. C'est pour ça que j'ai formé Placebo : comme une famille de substitution. Ce n'est pas seulement un groupe, c'est ma raison d'être
Les Inrocks : une fois encore, le thème des médicaments revient sur cet album. Peux-tu vivre sans ?
Ce n'est pas de l'hypocondrie, je dois juste prendre pas mal de médicaments pour soigner ma dépression. Pendant longtemps, à l'adolescence, j'ai vécu avec ce mal qui n'avait pas de nom. C'est à 25 ans qu'un docteur a enfin diagnostiqué ma dépression. Ça a été un soulagement de savoir que j'étais malade, que ce n'était pas un truc que je m'infligeais, que je n'avais aucun contrôle sur mes émotions, sur ma tristesse permanente. Le seul côté positif, c'est que j'ai cherché à vaincre le mal par la créativité, espérant y trouver une forme de thérapie. On n'imagine pas à quel point c'est un soulagement de finalement savoir qu'on est malade, et pas fou
Publié par volfoni77 à 14:54:55 dans gros plan | Commentaires (0) | Permaliens
J'attendais leur galette avec impatience (ceux qui fréquentent régulièrement cette page le savent déjà)
Quelques jours après avoir écouté "Music for a while" je dors et déjà peux affirmer une chose : avec ce disque, Revolver confirme toutes les promesses entrevues avec leur EP éponyme paru l'an dernier
Suave, élégante, délicate... les adjectifs se rejoignent pour définir une musique qui s'adressent aux amateurs de douceur et de délicatesse
De la pop de chambre qu'ils disent
Il est certain que ct album ne devrait pas générer chez l'auditeur de perte sonore notable ni de problèmes d'acouphènes
Au contraire, c'est un délicieux sentiment de plénitude qui pourrait bien l'envahir à l'écoute des ces douze titres qui composent ce "Music for a while"
Il ny 'a rien à jeter sur cette galette
De "Birds in dm" qui ouvre l'album à "It's alright" les morceaux s'enchainent et on ne s'ennuit jamais
La raison ? Une qualité d'écriture rare et des arrangements pop impeccables
A l'écoute de cet album on se rend compte que Revolver est passé maîtres maître dans l'art de composer des chansons pop à l'éffacité immédiate et dans celui qui consiste à créer des atmosphères d'un classicisme absolu
Car ce groupe ne va rien révolutionner c'est certain
Leur disque est au contraire le plus bel hommage que l'on pouvait rendre à leurs idoles que sont les Beatles, les Beach Boys, Simon And Garfunkel, Elliot Smith etc
Sauf que le groupe y ajoute son écriture et que le tout mélangé donne un cocktail pop irrésistible (je n'ai pas résisté)
Complètement anachronique et à rebours du revival new wave qui caractérise l'époque musicale actuelle, Revolver se distingue par un songwriting pop rétro fanbuleux t une identité musicale forte
Cocon, Diving With Andy, Yodelice et maintenant Revolver, la french pop possède sa relève et a sans doute de beaux jours devant elle
C'est tant mieux
Publié par volfoni77 à 21:20:20 dans gros plan | Commentaires (0) | Permaliens
Et un mea culpa un de la part de votre serviteur un
"Il n'ya que les imbéciles qui ne changent jamais d'avis" dit le proverbe
Tout ce que vous lirez dans le billet intitulé "Yeah Yeah Yeahs déçoit" n'a en effet plus cours depuis
Votre serviteur s'est donc trompé et le reconnait sans broncher
Il a taillé un peu vite le nouvel album des YYY
"It's blitz" est tout simplement excellent de bout en bout mais , s'écartant sensiblement de tous ce que les new-yorkais ont publié jusqu'ici, un sentiment de "déception" ou de surprise peut être ressenti lors des premières écoutes
Il y a eu pasmal de changement chez le trio américain
L'orientation musicale démarche d'abord, beaucoup plus pop qu'auparavant, virage déjà pris sur "Show your bones"
Le son surtout, moderne et hyper travaillé
Impeccablement produit par David Sitek (qui transforme tout ce qu'il touche en or) de TV On The Radio, cet album doit s'écouter sans à priori, ce qui signifie sans avoir en mémoire les guitares rageuses et abrasives des premiers pas de la bande à Karen O
Car même si les nappes de claviers se taillent la part du lien sur cette galette (auy détrimens des parties de six-cordes), ça ne gâche pas le plaisir que l'on prend à écouter les magnifiques compos que sont "Zero", "Soft shock", "Shame and dull", " Head will roll" "Runaway" "Hysteric"etc
Vous l'aurez compris ce disque est très bon
Seule fausse note : la disgression funky "Dragon queen" totalement hors sujet
Heureusement la belle ballade Littel shadow bien boucler en beauté ce petit bijou qui confirme que ce groupe est bien un des plus doués de ceux apparus au début du vingt-et-unième siècle, pas très éloignés des expérimentaux TV On The Radio dans le classement imaginaire de votre serviteur
MBPR
PS : les propos tenus au sujet du talent de la chanteuse Karen O ne sont pas revus à la baisse
Publié par volfoni77 à 09:29:48 dans gros plan | Commentaires (0) | Permaliens
U2, REM, Cure ... les géants de la musique pop/rock de ces quinze dernières années continuent de sortir des albums qui en imposent encore et en remontrent pas mal à tous ces jeunes groupes (arctic Monkeyx, Kooks, Bloc Party,) trop tendres pour pretendre prendre la relève
Parmi ces grands noms de la musique pop figure évidemment Bruce Springsteen
Un de ses disques squatte ma platine depuis quelques jours et n'a pas eu à mon sens, la reconnaissance qu'il mérite
Il s'agit de "Magic", son avant dernier album paru fin 2007 que j'ai découvert un peu après tout le monde
Ce disque qui marquait le retour au complet du légendaire E Street Band est aussi celui du grand retour du Boss au rock énergique et inpiré de ses débuts, celui des grandes heures, de "Thunder road" ou de "Born to run"
La production est un régal, tous les sons des instuments du groupe trouvent une place sur la palette de Brendan'O brien et le résultat est superbe
Après un "Radio nowhere" un peu trop FM à mon goût, c'est parti pour quarante cinq bonnes minutes de rock généreux et enlevé, comme au bon vieux temps
Celui que l'on surnomme le Boss est en grande forme et ça s'entend
"Your own worst enemy", "Girls in their summer clothes", "Gipsy biker", "Magic" ou "Devil's arcade", cette poignée de chansons justifient à elles seules l'achat de cette galette
Avec cet album, Bruce Springsteen démontre qu'il demeure un sacré compositeur, toujours capable de sortir (trente cinq ans après ses débuts en 1972),de son vieux jean usé des mélodies dont il a le secret qui ont le don de vous émouvoir et même parfois de vous mettre les larmes aux yeux
Quand donc cessera ce malentendu?
Le Boss n'est à l'évidence pas le rambo du rock qu'on avait pu voir en lui, sorte de type un peu rustre, viril, biceps en avant, tout en sueur et en énergie sur scène
Il suffit d'entendre la ballade "magic" pour s'en rendre compte
C'est au contraire un auteur et un musicien à la plume et à l'écriture sensible qui sait comme personne raconter le quotidien de milliers de gens qui ne font pas partie de la haute société mais qui ont ce que Springsteen symbolise c'est à dire la générosité et la richesse de coeur
En 1998, Bruce Springsteen déclarait à l'Express "le problème pour moi c'est d'arrêter"
Qu'on le rassure, ça n'en est vraiment pas un
Le clip de "Girls in their summer clothes" pour vous mettre en appétit
Publié par volfoni77 à 15:56:53 dans gros plan | Commentaires (0) | Permaliens
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