• STEPHAN EICHER prend son envol

    Stephan Eicher est un artiste confirmé, une de ces pointures de la scène francophone dont le statut (la jurisprudence "Déjeuner en paix" sans doute) en fait un de ces noms quasi-inattaquable.

    Quand on pense Suisse on a tendance à davantage penser tennis, douceurs, objets de luxe plutôt que musique pop/rock.

    Le chanteur au look de Dartagnan a publié à l'automne dernier son douzième album intitulé L'envolée.

    Un disque qui, de Libération à Télérama, a fait l'unanimité chez la plupart des critiques.

    En esprit chagrin, je me devais d'apporter mon grain de sel afin de tempérer quelque peu ce concert de louanges assourdissant.

    La cinquantaine passée (il est né en 1960) Eicher semble avoir pris de l'épaissseur à l'écoute de ce disque.

    Tout le mond connaît son penchant (assumé) pour les textes à dominante fleur bleue ("pas d'ami comme toi", "La rivière", "Tu ne me dois rien") .

    Avec ce nouvel album, le suisse prend un ton plus grave.

    Oublié le chanteur des albums à tubes FM.

    Place ici à l'émotion, la vraie, à des climats apaisés, à une certaine intimité aussi.

    En étant parvenu à s'entourer cette fois de vraies pointures (Miossec ou Djian pour les textes, Cocoon, Lambchop ou Calexico pour les arrangements), ce nouvel s'avère plus cohérent qu'à l'habitude, plus lumineux.

    Du poignant "Donne moi une seconde" à "Schlafied" qui clôt le disque, tout ici est soigné, classe.

    Moins de romantisme mais davantage de gavité, le suisse a bien grandi et le démontre ici.

    Mais, Steph', je dois t'avouer un truc : j'ai un problème avec toi .

    Avec tes allures de manouche et ton accent charmeur, tu as tout du pote idéal, celui qui serait toujours là et qui apporterait même les filles sur un plateau.

    Hélas, je n'ai pas d'ami comme toi. Non non non.

    Tu as des allures de faussaire et pourtant je ne peux te contester une sincérité et une authenticité rare.

    Mais revenons à l'essentiel, la musique.

    Ce disque prouve que tu as mûri, c'est incontestable. Tu as pris une certaine épaisseur.

    Steph, avec cet album tu n'es certes pas encore devenu ni Dominique A ni Bashung,  mais c'est pas mal. Franchement.

    Alors, cette envolée ?

    Prometteuse.

     

     


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