• RADIOHEAD éteint le Computer

                                        RADIOHEAD éteint le Computer

     

    Depuis plusieurs mois, bruissait la rumeur d'une sortie imminente d'un nouvel album de la bande à Thom Yorke.

    Dimanche 1er mai, Radiohead se manifeste brutalement en supprimant le contenu de son site internet de même que toute trace de son passage sur les réseaux sociaux.

    Une décision spectaculaire qui n'est alors pas sans rappeler les précédentes campagnes marketing (et e- marketing) ayant précédé les différentes sorties d'albums.  

    Un nouvel opus du groupe le plus scruté de la planète pop/rock étant toujours un évènement, MBPR se faisait d'en faire la critique. 

    Cinq annés se sont écoulées entre cette sortie et la publication du clivant et contesté The King Of Limbs.

    Cinq ans au cours lesquels les membres de Radiohead ont multiplié les projets parallèles.

    Escapade en solo ou avec un nouveau groupe pour Thom Yorke, bande originale et projet symphonique pour le guitariste Johnny Greenwood, album solo du batteur Phil Selway, chez Radiohead créativité rime avec hyperactivité. 

    Premier constat, avec cette galette, le groupe d'Oxford renoue avec sa nature première pop, celle des albums qui ont fait son succès comme The Bends, le classique Ok Computer mais également In Rainbows.

    Tandis que certains le redoutaient, ce neuvième opus est très éloigné des expérimentations de The King Of Limbs.

    Remisées au placard les guitares et les boucles électroniques, Radiohead opte cette fois pour une pop plus épurée et organique que sur ses récents opus.

    Avec ce disque, Radiohead renoue avec la pop spectrale et envoûtante qui a été leur marque de fabrique.

    Si l'écoute de "Burn to the Witch" laisse à penser que le groupe d'Oxford aurait cette fois opté pour une musique plus directe, "Daydreaming" prend immédiatement le contre-pied de cette impression avec une ballade éthéré qui n'est pas sans rappeler les ambiances de Kid A ou de Ok Computer.

    Toujours ambitieux et avant-gardiste pour ce qui est du songwriting, le quintet anglais sait habiller ses complexes schémas mélodiques d"arrangements ambitieux. Les cordes du London Contemporary Orchestra (une formation qui a collaboré avec Johnny Greenwood) agencent ici superbement les mélodies sinueuses des anglais.

    Qualifié souvent de groupe déprimant, ce neuvième album ne changera sans doute aucunement cette donne.

    Plus désespéré (et lacrymal) que jamais, le chant de Yorke sert un propos pessimiste sur notre époque et le monde qui nous entoure. Constat sombre à propos du climat et du phénomène migratoire actuel. Ce Moon Shaped Pool se veut le miroir de notre époque. 

    En réinvestissant le terrain du spleen, Radiohead réinscrit son oeuvre à nouveau dans le champ du genre rock dit progressif, celui qui est le sien depuis OK Computer.   

    Si les standards "Creep" et "Karma Police" ont installé le groupe au panthéon des formations pop les plus écoutées, ce Moon Shaped Pool replace Radiohead dans la lignée des groupes essentiels qui tout au long de leur longue carrière n'auront eu de cesse de proposer quelque chose de singulier.  

    La marque des grands. 

                              

                          

     

     

     

     

     


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