• Plaidoyer pour BRETT ANDERSON

      

     

    La vie est injuste comme disait l’homme en noir.

    Il est des outsiders qui valent bien des gagnants.

    Brett Anderson, chanteur du groupe Suede, est de ceux-là. De ces petits trésors que l’on conserve jalousement près de soi de peur qu'ils nous échappent... et que l’on réserve aux amis.

    Figure de proue du rock anglais au début des années quatre-vingt dix, Anderson a d’abord été une icône et un sex-symbol avant d’être un artiste. Jeune homme au physique androgyne (et cultivant celle-ci),  le front man de Suede a brûlé par tous les bouts ses premières années comme rock star. Sex, drugs (consommateur avéré de drogues dures), l’anglais a embrassé tous les clichés de cette musique et cédé à tous ses démons.

    Avec son groupe, il a d’abord conquis les sommets des charts anglais avant de séduire progressivement les publics de rock indé du monde entier.

    Tout n'est pourtant pas si limpide dans la trajectoire de l'anglais.

    Rapidement dépassé par la concurrence et la gueguerre entre Oasis et Blur, Suede a été le dindon historique de la farce brit-pop, cette étiquette façonnée par les médias d'Outre-manche.

    Séparé de son groupe en 2003, l’ami Brett a rebondi et enregistré quatre albums entre 2007 et 2011.

    Quatre disques de pop classieuse à la tonalité intimiste et mélancolique, contrastant avec la morgue de son groupe.

    Si les disques d'Anderson ne font pas guincher dans les chaumières en revanche, les chansons de l’ex Suede se révèlent d’une renversante beauté. Des titres tels que « Love is dead » « Hunter », « Clowns », « Back to you » possèdent cette profondeur et ce charme délicieusement suranné qui font mouche immédiatement.

    Il faut dire qu’entre temps, Anderson a eu la douleur de perdre son père et de fait, son écriture s’en est fortement ressentie.   

    Ses albums seront hélas tous des échecs commerciaux et Anderson en solo n'a jamais rencontré son public (hormis un petit nombre de fans inconditionnels).

    L'homme est pourtant d'une honnêteté et d'une authenticité sans ombre.

    Face à ce constat de (relatif) échec et sans doute pour éviter de sombrer dans l'oubli et/ou dans l'indifférence, le bonhomme a remis la machine Suede en route et repris le chemin de la notoriété sur les scènes du monde entier.

    La Gloire est peut être à ce prix.


     


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