• MIOSSEC regarde à nouveau la France

    MIOSSEC regarde à nouveau la France
     
    20 années se sont écoulés depuis la sortie de Boire en 1995, premier album via lequel on découvrait un nouveau venu sur la scène rock hexagonale qui allait faire carrière, le brestois Christophe Miossec.
    Deux décennies après ce coup d’essai (devenu avec les années coup de maitre), le breton n’est plus ce chanteur un peu foutraque qui débarquait avec des textes crus et une musique folk/rock brute de décoffrage.
    Il est désormais un artiste connu et reconnu qui a sa place parmi les personnalités de ce pays qui comptent.
    Face à l'éternel défi du renouvellement, Miossec a depuis longtemps trouvé ce qui ressemble à une parade.
    Là où d’autres artistes (Murat, Dominique A) creusent encore et toujours le même sillon (au point de finir parfois par se répéter), le brestois est lui, de la catégorie de ceux dont les nouveaux albums se nourrissent de leurs coups de cœurs et rencontres éventuelles.
    C’est cette fois un coup de coeur amoureux et musical à la fois qui formera le suc de ce nouveau disque intitulé Mammifères.
    Tout commence en mai 1995, l’animateur de radio Rémi Kolpa Koboul, un ami cher au chanteur décède à 66 ans d’une foudroyante crise cardiaque.
    Choqué, Miossec décide de se rendre dans la capitale afin de participer à une soirée hommage.
    C’est lors de cette soirée qu’il fait la connaissance d’une jeune violoniste, Mirabelle Gilis qui devient rapidement sa nouvelle compagne.
    Le coup de cœur est tout autant artistique qu’humain et très rapidement les répétitions s’enchainent (d’autant que la nouvelle muse de Miossec est entourée de musiciens tous plus doués les uns que les autres).
    Pris par cette folle énergie créatrice, le chanteur décide d'éménager dans la capitale.
    Entre temps des évènements tragiques vont marquer durablement notre pays. Il y a d’abord l’attentat commis à Charlie Hebdo en janvier 2015 puis les évènements de novembre avec comme point d’orgue l’effroyable massacre du Bataclan.
    Autant de moments douloureux devant lesquels le chanteur se retrouve quelque peu désemparé et face à un sentiment étrange et surtout une question : à quoi sert le métier de chanteur devant de telles atrocités?
    C’est le besoin d’apporter un peu de réconfort au public français meurtri qui sera le fil conducteur de ce nouvel projet.
    Oubliées les zéniths et grandes salles (que le breton connaît maintenant par cœur), ce disque se devra d’être composé sur la route, lors d’une tournée et de concerts programmés dans des lieux aussi intimes que (parfois) insolites.
    Ce sont ces chansons écrites au fil de ses pérégrinations hexagonales que le chanteur livre ici.
    11 chansons de réconfort, sobrement arrangées.
    « On y va » qui ouvre l’album sonne déjà comme un mot d’ordre. Y aller, se lancer, ne pas renoncer.
    Une positive attitude que le titre qui suit «Après le bonheur » confirme. "On court après le bonheur comme s’il venait de s’échapper, comme s’il avait pris peur en ce tout début d’année». Bien vu Miomio.
    « La vie vole » évoque elle ces moments de convivialité (ceux là même volés par les terroristes) qui nous définissent si bien nous autres les Français. Un titre d’une poésie tendre bien que très peu surprenant.
    Les écailles» (imagerie animale) évoque avec une belle poésie la fin de vie.
    Sans être encore les chansons de l’innocence retrouvées (chères à Daho), ces onze titres aux allures de ritournelles printanières font du bien.
    L’ensemble guitare-violon-accordéon apporte une couleur nouvelle à l’univers du brestois.

    On pense à l'envolée de Stephan Eicher ou aux ambiances slaves d’un Goran Brégovic voir d'un Yann Tiersen (période Amélie).

    Sur des airs mélancoliques ou joyeux d’accordéon, le chanteur déploie son verbe cru et sa poésie brute.

    L’album se referme avec « Papa » , une belle déclaration d’un fils à son père et accessoirement, un des meilleurs titres de ce Mammifères.

    A désormais la cinquantaine passée, Miossec s’est assagi.

    (Mis au sec) Il regarde désormais ses contemporains avec un oeil bienveillant et une douce tendresse.

    Ecrit dans un contexte douloureux, Mammifères est ce disque de proximité que Miossec a composé en excellente compagnie afin de réchauffer le cœur endeuillé et meurtri des Français.

     

     

     
     
     

                             

     

     

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :