• Le show U2

                               Le show U2

     

    Lorsqu’arrive le soir du 25 décembre, une sensation quelque peu étrange de mélancolie peut s'emparer de nous.

    Malmené par les excès de la veille et ces dernières vingt-quatre heure, on n’attend en général plus qu'une chose : se coucher et rejoindre les bras réparateurs de Morpheus.

    Sauf si est programmé ce soir-là un concert du plus grand groupe de rock irlandais: U2.

    J’attendais avec excitation la diffusion de ce rendez-vous, le premier show donné par le groupe dans la capitale française depuis les évènements qui l'ont ensanglantée (U2 s'était vu contraint d'annuler les concerts de novembre)..

    La première partie de ce concert est presque exclusivement consacré au dernier album, le honni (car lié à une démarche commerciale) Songs of the Innocence.

    « Miracle Of Joey Ramones », « Iris », « Cedarwood Road », « Song For Someone », le groupe sait assurer le service après-vente de son album à la démarche décriée.

    Il faudra attendre la demie-heure pour entendre un des vieux standards du groupe via l'intro du très 80's "Sunday Bloody Sunday".

    Un parfum de nostalgie flotte alors dans la salle, comme si le groupe prenait conscience du chemin parcouru depuis Boy.

    (A propos de chemin, la nouvelle salle de Bercy est traversée ce soir en son milieu d'une allée que Bono et ses acolytes parcourront à loisir tout au long du show.)

    Avec cette tournée , l'ambition visuelle des irlandais prend un nouveau tour: la scène est prolongée d'un mur d’écrans projetant des images illustrant les thèmes de chaque chanson.

    Depuis longtemps, U2 a compris le pouvoir des images et a pris l'habitude (depuis la tournée Zoo TV) de mélanger sons et messages visuels.

    Les projections visuelles ponctuent les titres du groupe..Ici les rues de Dublin, là les souvenirs d'enfance de The Edge ou de Bono,

    Un apport non négligeable dans la création de ce qui ressemble à une messe rock.

    Ce soir Bercy est en totale fusion avec un groupe dont le succès dure depuis plus de 30 ans.

    Le public parisien venu en connaisseur, est dirigé d'une main de maitre par un Bono excellent en Maitre de cérémonie.

    "Nous nommes tous parisiens" lance-il à la foule. 

    Après une première partie de concert très énergique, le groupe calme quelque peu le jeu avec le titre «Everybraking Wave »

    joué au piano suivi d’un « October » qui ramène le spectateur trente ans en arrière. 

    Plus d'une heure de concert et le quatuor a joué les trois quarts de son dernier album en plus des quelques standards de ses albums précédents.

    Alternant moments de grande énergie rock et ballades lyriques, ce concert est un modèle du genre.

    Plus puissant qu’un Coldplay ou qu’un Radiohead, le show des irlandais a des allures de spectacle ultime pour les masses. 

    U2 emporte les derniers suffrages avec le riff de« Bullet The Blue Sky », un de ses morceaux cultes tiré de l'album Joshua Tree paru en 1987. Ce titre évocant l’intervention américaine durant la guerre du Salvador fait monter la soirée d’un cran supplémentaire.

    Non de Zeus!. U2 rocks ! Et Bono semble habité, tel un Jim Morrisson des années 2000.

    Les riffs de The Edge font trembler les murs de Bercy et le public parait sonné par tant de décibels et de passion.

    Après ce moment de bravoure, le groupe enchaine avec les accords de "Where The Streets Have No Name",un titre également culte de The Joshua Tree.

    « Vous n'aurez pas notre haine, on choisit l'Amour" Lumières rouges et message universel d'amour...  :

    Ca semble simpliste mais cela fonctionne.

     Le riff de «Pride » enfonce le clou de cette séquence pacifiste. « One man comes in the name of Love… » Bono est littéralement possédé et le groupe uni comme jamais.

    1h30 de concert et pas une seconde d'ennui. 

    Le chant de Bono est toujours aussi émotionnel et puissant, Edge joue les magiciens de la six-cordes et la section rythmique composée du rusé Adam Clayton et du fidèle Larry Mulen Jr s’affirme comme l'indispensable mur porteur de cette formation.

    Le concert pourrait d'ailleurs s'arrêter là que le public en aurait déjà pour son argent.

    Raisonne l'intro de “With Or Without You”. La scène et l’allée centrale se parent de néons blancs. magique.

    Les téléphones portables crépitent afin d'immortaliser ce moment de grâce. Ce soir, c’est magic U2. 

    Un premier rappel précédé d'un long message à visée humaniste comme le groupe les affectionne .

    puis raisonnent les premières notes de « City of Blinding Lights » dédié à Paris, dans un Accord Arena aux anges.  

    Bono en profite pour faire monter sur scène un jeune spectateur pour un troublant jeu de face à face.

    La soirée monte encore d'un cran en émotions lorsque s’affichent sur les écrans de l'allée centrale les noms des victimes des attentatse. Bono entonne les paroles de "Ne Me Quitte Pas".Touché. En plein cœur.

    Liberté, Egalité, Fraternité..., Beautiful Day, notre chanteur a le sens de la formule.

    Le sigle de ralliement au slogan Pray For Paris apparaît alors pendant que U2 entonne son tube. 

    Le concert se charge d’une dose d’émotion supplémentaire le temps d'un poignant « Bad » et d'un «One » annonçant le moment si attendu : la montée sur scène des survivants de la tragédie du Bataclan : les membres des Eagles Of Death Metal.

    U2 a alors l'humilité de s'effacer pour laisser toute la place à ces phoenix dont le nom de groupe est à jamais associé à ce drame.

    Le groupe de Jesse Hughes se lance dans une reprise de « People Have The Power » l'hymne composé par la chanteuse Patti smith. La reprise est à la hauteur de ce concert émouvant.

    Généreux, U2 va jusqu'à laisser au groupe américain le soin de clôturer cette soirée avec "I Love You all the time" paru sur leur dernier opus Zipper Down.

    Un moment d'une émotion presque insoutenable et le message, quasi-subliminal, que la vie est plus forte que la mort. 

    En ce 7 décembre 2015, Eagles Of Death Metal est bien en vie.

    Et U2 demeure une de ses formations exceptionnelles (Beatles, Stones, Queen, Led Zeppelin), capables de produire du rêve pour plusieurs générations, 

    Merci à eux.

     

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