• Le retour gagnant des BABYSHAMBLES

     

     

     

    Il est de bon ton d'affirmer qu'en musique (en matière de rock notamment), le meilleur est désormais derrière nous. "Tout a déjà été écrit" (mais ce n'est pas grave) chantait même ironiquement Miossec sur son dernier album.

    Il est vrai que depuis plusieurs années le petit monde pop/rock est un peu en panne et tourne à vide, toujours en quête du groupe qui saura lui redonner son lustre d'antan.
    Depuis la fin de Nirvana en 1994, plus aucune formation n'a en effet réussi à féderer autant de passionnés.

    Aucune exception faite de deux : The Strokes (USA) et une autre anglaise, : The Libertines.

    En recyclant avec malice et talent les influences passées, ces deux combos avaient réussi le tour de force de remettre les guitares au goût du jour au tout début de ce troisième millénaire.
    S'en est alors suivie une vague de groupes surfant sur cette vague nostalgique (dite revival) et faisant leur fond de commerce de tout ce qui avait été fait entre la fin des années 70 et le début des années 80.

    Au milieu de cette vase sans fond, brillait un diamant : Peter (dit Pete) Doherty, la moitié créative des Libertines.
    Avec son acolyte Barat, l'anglais au chapeau avait, sur la base d'une poignée d'albums, redonné au rock anglais sa flamboyance.  

    Pour les fans éclairés, Babyshambles c'est avant tout "Fuck Forever" ce morceau sauvage et brut qui traduit à merveille l'état d'esprit rebelle qui anime son leader. Mais c'est aussi quelques petites perles comme "Killamanjiro" et d'autres encore. Mais davantage qu'un style musical, Doherty symbolise à lui tout seul une attitude et une philosophie de vie (j'men foutiste). Soyons désinvoltes!
    Après avoir passé (avec succès) il y a trois ans l'épreuve de l'album solo, l'enfant terrible et surdoué du rock anglais effectue donc son come-back cette semaine avec son groupe et un troisième effort intitulé Sequel to the Prequel.
    Je n'avais jusqu'ici jamais été véritablement convaincu par les productions de ce rejeton des LIbertines. Entre le foutraque Down in Albion et le trop référencé (à mon goût) Shooter's Nation, je n'avais jamais trouvé mon compte chez l'ami Pete.

    La troisième tentative aura donc été la bonne. Les onze (seize sur la version de luxe) titres de ce cd me ravissent.
    Du single impeccable "Nothing comes to nothing" au ska de "Dr No" en passant par la dylanienne et (countrysante) "Fall from Grace" ou la divine "Picture me in a hospital", toutes les chansons de cette galette sont toutes frappés du sceau de l'élégance et de cette classe insolente dont l'ex-Libertines est l'heureux propriétaire.

    Certes, Doherty n'invente et rien et son talent consiste avant tout en une capacité largement au-dessus de la moyenne à revisiter ses illustres ainés Kinks, Jams, Specials ou encore de The Clash) mais il perpétue avec élégance une certaine tradition du rock anglais, celle des dandys et des romantiques écorchés.

    Le rock peut alors dormir tranquillement sur ses deux oreilles. Avec de tels artistes (et de tels albums), il a encore de beaux jours devant lui.

    PS : la pochette, superbe et colorée, a été conçue par Damien Hirst la star de l'art contemporain.

     

     

     

     


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