• Gros plan : MUSE (chronique méchante et de mauvaise foi)

                    

     

     

    C'est ma mère qui me disait toujours « si tu n’aimes pas, iinutile d’en dégouter les autres »

    Excepté lorsque, comme via ce blog, je dispose d’une liberté quasi-totale d’expression.

    Alors, que les musofans quittent cette page sur le champ (s’ils ne veulent sentir monter en eux le vent de la colère) car ça va saigner.

    Dimanche, le ciel était bleu azur, la température idéale (et le barca venait de remporter sa cinquième Ligue des champions). Bref votre serviteur était de bon poil (d'où mon papier positif sur Drones).

    Aujourd’hui, le temps est maussade, c’est le début de la coupe du monde de foot féminin et les pollens me rendent la vie impossible.

    Trève de plaisanterie.

    Muse est un groupe qui a pris une telle dimension (commerciale notamment ) ces dernières années qu’il est temps de s’attaquer à cette supercherie.

    Première chose : je ne voue pas de détestation particulière à l’égard de cette formation. Au contraire, j’ai placé de grands espoirs dans ce combo. Davantage son évolution et le virage pris récemment me désolent et motivent ce papier de dépit.

    Parti d’un genre à mi-chemin entre le grunge et la brit pop, cette formation n’a depuis cessé de dégringoler au point de presque s’auto-parodier avec le très amusant Drones, leur dernier opus paru lundi.

    On connaît tous (les fans surtout) l'histoire.

    Elèves du même lycée à Devon (sud-ouest de l'Angleterre), trois adolescents décident de mettre en commun leurs qualités. Le batteur Dominic Howard et le guitariste Matthew Bellamy proposent à leur pote Christopher (initialement batteur) d’intégrer le trio en apprenant la basse. Ensemble, ils forment Gothic Plague, transformé en Fixed Penalty puis Rocket Baby Dolls. En 1997, le trio abandonne les études, change de nom et devient Muse. Le groupe participe à un tremplin du type Battle for bands qu'il remporte à sa grande surprise (notamment en détruisant son matériel). Fort de cette victoire (et d’une réputation de groupe à suivre de très près) le trio publie en Septembre 1999 son premier album intitulé Showbiz. Un disque qui leur vaut d’emblée d’être comparé à Radiohead ou à Nirvana.

    Une comparaison pas trop exagérée tant ce disque possède des qualités hors du commun : songwriting unique, son et démarche singulière... sans parler des nombreux tubes, font de ce premier album un classique instantané.

    A peine deux ans plus tard, sort le second volet intitulé Origin of Simmerty. Un opus moins abouti, moins digeste.

    en 2003; Muse a voulu sans doute s’absoudre de ses premiers pêchés avec son troisième disque, Absolution, un opus à la tonalité mystique avec lequel le groupe refait à nouveau parler la poudre. On aime ou on aime pas (le chant plaintif de Bellamy notamment), mais lorsque les anglais éccrivent des chansons telles que « Time is running out » « Sing for Absolution » ou encore « Hysteria » peu de groupes dans le monde sont capables de rivaliser.

    Muse a alors tout pour devenir le plus grand groupe pop/rock de cette Terre (devant Coldplay et U2) Ne lui reste qu’à conquérir l’Amérique, terre sur laquelle Bellamy and co ne possèdent pas encore la notoriété acquise en Europe.

    Ce sera chose faite avec le quatrième album : Black Holes and Revelations.

    Un disque moins réussi que les précédents et avec lequel le groupe commence à se répéter, multipliant les fautes de gouts notamment avec un single « Supermassive Black Hole » n’annonçant rien de bon concernant l’évolution future du groupe.

    On n’avait encore rien entendu.

    C’est après que les choses se sont vraiment gâtées.

    Sur The Resistance (au concept assez fumeux), Muse confirme le virage commercial pop pris avec Black Holes and Revelations. 

    L’inspiration ne se fait plus présente qu’à de rares moments.

    Empreints grossiers (Queen, Depeche Mode) le combo de Devon a à l’évidence, égaré son âme.

    Surtout, le groupe, semblant ne plus savoir quoi faire pour se rendre intéressant, devient le champion du n’importe-quoi. La mégalomanie jusque là patente de Matthew Bellamy se fait jour, nous valant quelques morceaux de bravoure (les trois Exogénésis de la fin de l’album).

    Pour le trio anglais, se renouveler devient le défi le plus grand à relever.

    Compositeur de l’hymne officiel des JO de Londres de 2012, Bellamy est désormais une rock star qui n’a plus rien à prouver. Le groupe a accompagné U2 sur sa dernière tournée et beaucoup le comparent désormais à Queen.

    En 2012 parait The Second Law, le sixième album de Muse.

    Le trio pille les tendances musicales (dubstep) du moment. « Follow me » nous réclame Bellamy. Sur le chemin de toujours davantage de démesure  et de grandiloquence?

    Sur scène le groupe joue désormais sur d’immenses tours illuminées et un show de Muse ressemble davantage à un spectacle pyro-technique qu’à un concert.

    Le public, lui, n’en a cure. Les albums du groupe se vendent par camions (plus de 70 millions d’exemplaires écoulés à ce jour) et la notoriété de Muse est désormais mondiale.

    De nouveau Radiohead (ou nouveau Nirvana), Muse est devenu un petit Queen. Certes toujours virtuose, Bellamy a perdu l’humilité qui était la sienne au début du groupe (Matthew rêve désormais de jouer dans l’espace (LOL).

    De groupe indépendant au dessus du lot Muse est devenu une énorme cash machine en même temps qu’un Frankenstein musical.

    Drones, leur nouvel album, qui se veut pourtant un retour aux sources, confirme cette évolution. Boursouflée, la grenouille Muse est devenue (bien) trop grosse.

    Le succès commercial ne se démentant pas, les fans de Showbiz et Absolution n’auront plus qu’à réécouter avec un brin de nostalgie les premiers opus du groupe. 

    Muse est devenu un genre de parodie. Ou sa propre caricature. 

     

     

     

     


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