• Gros plan : FAUVE

    (A la recherche du nouvel élu).

    Téléphone, Taxi-girl, Indochine, Noir Désir (Louise Attaque?) puis... plus rien. Ou presque

    Depuis la séparation du quatuor bordelais, le rock hexagonal est orphelin. Aucune formation (ni artiste) n’est parvenu à combler le vide laisser par les auteurs de Tostaky.

    Depuis plusieurs mois, un nom est sur toutes les lèvres des spécialistes et défraye la chronique : Fauve.

    Fondé en 2010, le groupe (ou plutôt le collectif) parisien se structure autour de cinq membres  : Quentin, Pierre, Simon, Stéphane et Nicolas. Moyenne d’âge : 27 ans. Tous ont une activité professionnelle et la plaquent pour se consacrer pleinement à leur passion.

    En quelques mois, le buzz Fauve prend forme. Clips visionnées en grand nombre sur You Tube, titres postés sauvagement, Fauve fait tout lui-même et sa popularité sur la Toile grandit de manière incroyable et exponentielle   Ce buzz ne cessera de croitre jusqu'à cet hiver et la sortie du premier opus intitulé Vieux Frères- Partie 1 (le précédent était un EP).

    Dire qu’il était attendu est un doux euphémisme.

     « Phénomène musical sans précédent », « groupe générationnel », « musique témoin d’une époque », les médias spécialisés rivalisent d’expressions toutes plus dithyrambiques les unes que les autres pour qualifier le succès de ce nouveau venu dans le petit monde de la musique.

    Face à cette quasi-unanimité, MBPR, exemplaire, a voulu se faire sa propre opinion.

    Depuis lundi, je m’oblige donc à écouter les onze titres du premier album des parisiens.  

    Premier constat : le style musical est très marqué. Fauve c’est, pour faire court, du parler-chanter sur des beats électro et des sons de guitares entêtants et expérimentaux. 

    « Barre-toi ! Casse-toi j't'ai dit, qu'est-ce qu'il te faut de plus, t'en as pas vu assez ? A l’écoute de ce premier titre , on a un peu l’impression d’entendre du Stromae (version rock). Le flow est frénétique et incisif.  "J'suis pas quelqu'un de bien, j'suis pas une belle personne, j'suis une sale bête, une bouteille de gaz dans une cheminée". Ce fauve-là n'est donc pas un tigre en peluche. Il n'est pas "de ceux" qu'on enferme en cage sans conséquence.

    Registre animalier toujours  avec le second titre « Requin-tigre » (et second chanteur) pour la même atmosphère désabusée et sombre. Il  est cette fois question de déprime, de moments de découragements, d’agressivité aussi (la particularité du requin-tigre étant de "tout défoncer lorsqu’il est immobilisé"). Fauve vise juste avec des mots crus, simples. Il serait facile de tourner en dérision le style post-adolescent mais l’audace est réelle et le talent (d’écriture notamment) bien présent. 

     « Jeunesse talking blues » ne change pas la donne de cette musique expérimentale aux paroles nihilistes. Mots crus, urgence à tous les étages, on n’avait plus entendu ça depuis Diabologum ou Déportivo.

    Certes, c’est plutôt primaire mélodiquement mais la spontanéité du propos et la qualité des arrangements emportent le tout.  « Infirmière » aborde quant à lui le thème de l’amour, de la séduction (et de ses affres) de la quête difficile et (souvent) douloureuse de l’être aimé. Touchant.  

    Avec « De ceux »  Fauve se caricature (déjà) un peu. « Tunnel » calme le jeu avec des arpèges délicats et des chœurs tout en retenue. Le morceau change brutalement de physionomie en son milieu avec un crescendo à la Walkmen et l'arrivée d'une voix féminine apportant une touche de douceur à cet univers plutôt dur,dur

    « Vieux-frères » continue de creuser le sillon de la fraternité et de l’amitié mais un sentiment d’essoufflement commence à envahir l’auditeur.

    « Lettre à Zoé » confirme cette impression diffuse. En véritable control freak, Fauve semble prisonnier de sa formule et ne suprend plus. Le morceau faible du disque. 

    « Loterie » , le dernier titre, n’apporte rien de plus.

    Au final, cet album impressionne tout autant qu’il déçoit. Se voulant représentative d’une génération (voir d’une époque), la musique de ce quintet (bobo?) parisien marque les esprits autant qu’elle irrite.

    Difficile alors d’y voir clair et de prendre parti (pour ou contre).

    Et vous ?  

    http://fauvecorp.com 

     

     

     


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