• gros plan : COLD WAR KIDS

     


    Avant de reprendre le fil de l'actu indie (qui décidément,ne s’arrête jamais), il me prend l’envie d’écrire à propos d'un groupe qui a la particularité de me rendre quasi schyzophrène chaque fois que je l'écoute.

    Je veux parler de CWK, autrement dit (pour ceux qui ne connaissent pas) Cold War Kids.

    Précédé en 2005 par un buzz impressionnant (et quelques EP qui annoncaient déjà la couleur), les enfants de la guerre froide ont déboulé au début de l'année 2006 avec un premier album à fort potentiel, le genre de disque avec lequel un groupe peut d'emblée viser très haut et revendiquer un certain statut dans le landernau indie.

    Avec leurs chansons teintés de soul et de blues inclassable, un chanteur un chanteur à la voix (aux accents soul) incroyable, une rythmique implacable et un guitariste des plus inventifs, cette formation avait tout pour être le grand groupe de l’après Strokes (on dirait du Hugo Cassaveti).

    Seulement voilà...

    Depuis leurs débuts, les CWK ont pas mal accumulé les fautes de goût.

    En 2008 déjà, avec un second disque bâclé,publié seulement un an et demi après leur premier album et qui avait pas mal déçu les fans de la première heure

    Un EP (paru en 2010) plus loin et toujours pas de digne successeu à "Hang me up to dry".

    Mais on était loin encore de ce qui nous attendait, à savoir ce troisième album intitulé Mine is yours paru en février dernier.

    Pour accoucher de ce troisième opus, les américains avaient décidé, de s’adjuger les services d’un nouveau producteur

    En 2010, Nathan Willett (le chanteur) déclarait à propos de ce dernier : « Il va faire des miracles. Toute notre musique a jusqu‘à présent été écrite sans influence extérieure, alors le fait qu‘il s‘implique et nous aide dans la direction à prendre est formidable».

    En s’adjugeant les services  de Jacquire King, celui qui avait qui avait transformé un groupe de rock sudiste (Kings Of Leon) en machine à tubes FM , CWK savait sans doute à quoi s’attendre : une production et un son lisse, pour ne pas dire (ouh le vilain mot) commercial.

    Le résultat fut donc conforme à cette logique : un disque certes pas mauvais (la remise du MBPR de plomb est sans doute un peu excessive) mais qui mériterait bien qu’on administre une bonne fessée à leurs auteurs.

    Sur ce disque, les CWK ont pas mal perdu de ce qui faisait leur charme, notamment ce son de guitare rouillé et tranchant et galement un peu de l’énergie des débuts.

    Certains titres ("finally begin") sont de véritables déclarations de guerre adressées aux fans c'est à dire qui auront à se reconnaitre dans cette pop sucrée qui lorgne désormais en direction de Razorlight ou de Coldplay.

    Mais à se vouloir plus grosse que la vache Kings of Leon, les CWK ont peut être explosé en plein vol.

    Tout n’est pourtant pas à jeter (loin de là même) sur ce Mine is yours. « Louder than ever », « Royal blue » "Out of the wilderness" ou l'excellent « Cold toes on the cold floor » sont du meilleur CWK et aurait pu figurer sur Robbers and cowards.

    CWK aurait pu être le Velvet du troisième millénaire, il ne sera (faute de choix artistiques judicieux) sans doute qu’un très bon groupe, que l’histoire oubliera aussi vite qu’elle l’avait accueilli.

    Entre la postérité et l’argent, la bande à Willett semble avoir choisi.

    Puis-je me tromper.

     

     

     

     


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