• Gros plan : AMADOU & MARIAM

    "Si on avait dû se contenter du Mali, on n’y serait jamais arrivés. Les seuls musiciens qui parviennent à vivre là-bas sont les griots qui jouent pour les cérémonies. Pour les autres, il vaut mieux fuir…”

    C'est avec ce discours sans ambiguité et clair qu'Amadou Bagayoko, la moitié masculine du duo malien, répond lorsqu'on l'interroge quant à la question du positionnement musical du groupe et notamment de l'ouverture à d'autres cultures musicales que la culture africaine.

    Car d'ouverture il est à nouveau question sur ce nouvel album intitulé Folila.

    Révélés en 2004 avec Un dimanche à Bamako, les chansons naïves et colorées de ce duo qui possède la particularité d'être composé de deux aveugles ont depuis, largement franchi les frontières du continent et envahi nos ondes

    Après avoir successivement été produits par Manu Chao et Damon albarn, le duo a cette fois opté pour la voie de l'oeuvre collective (ou de l'album participatif).

    Qui dit album de collaborations dit donc casting.. mais attention pas n'importe quel casting.

    Point ici de Madonna, de Lionel Richie ou de Prince (autant de noms prestigieux mais qui feraient has been). En matière de musique, les deux maliens ont très bon goût (ou sont très bien renseignés). Ont donc été recrutés des profils d'artistes très branchés et actuels tels Tunde Adebimpe de TV On the Radio, la new-yorkaise Santigold, la chanteuse américaine Ebony Bones, Jack Shears des Scissors Sisters et l'ex Noir Désir, Bertrand Cantat, venu apporter sa contribution rock à ce disque ambitieux.

    Joli patchwork de styles et de voix donc.

    World musique dit-on...

    C'est bien de fusion qu'il s'agit, celle des sons et en premier celle de la guitare d'Amadou et de la (splendide) voix de Mariam.

    Un défi relevé haut la main par ce duo aux visées internationales évidentes.

    Et c'est peut être là où le bât blesse: à trop fricotter avec les grands de la pop (ils ont déjà fait la première partie de U2 et de Coldplay), Amadou & Mariam perdent un peu ici de leur âme et de ce qui faisait leur charme. Si les influences et sonorités africaines (kora) sont toujours présentes, le sentiment qui prédomine à l'écoute de ce disque est que le groupe se tourne de plus en plus vers l'occident au détriment peut être de leurs racines africaines.

    Et Bertrand Cantat dans tout cela me demanderez-vous ?

    Et bien, il va bien, merci pour lui, et se taille ici la part du lion (en grand fauve qu'il est).Présent sur six des quinze titres que la galette comporte (sous la forme de lignes d'harmonica bluesy ou de chant écorché...qui est un peu sa marque de fabrique) il opère, avec ce featuring d'importance, un retour au premier plan qu'on imagine bénéfique pour la suite.

    Très bon disque de world music (ou de musique mondialisée c'est selon) qui résonne d'une façon très particulière après les évènements que l'on sait au Mali.

     

     

     


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