• BEACH HOUSE : deux bijoux d'albums sinon rien

                                            BEACH HOUSE : Deux albums sinon rien

     

     

    A la rentrée de l’année dernière, le duo de Baltimore a publié deux remarquables albums à quelques semaines d’intervalles.

    Un premier intitulé « Depression Cherry » à la pochette sobre rouge et un second plus réussi encore intitulé Thank You Lucky Stars.

    Avec ces deux nouveaux disques, le duo composé de Victoria Legrand et du guitariste Alex Scally surfait à nouveau sur la vague dream pop des albums précédents.

    Si Depression Cherry est fort agréable, lumineux et majestueux par instants, il comporte également des petits creux durant desquels l’auditeur peut ressentir ce qui ressemble à de la lassitude.

    « Levitation » est une remarquable entrée en matière (le groupe excellant dans cet exercice depuis "Zebra") et « Sparks » un joli single, aux arrangements lorgnant vers My Bloody Valentine.

    Passé l'aérien « Space Song », le groupe semble cependant se répéter et avoir tout dit. Le propos dream pop s’étiolant et s'épuisant.

    La faute sans doute à un spleen musical trop marqué et à une mélancolie trop présente.

    Depression Cherry devenait alors au fil des écoutes un poil lourd et déprimant.

    Quelques titres rappellent pourtant que Beach House demeure une des formations les plus douées et talentueuses du moment.

    "10 :37" est un bijou de dream pop qui peut à lui tout seul justifier l’achat de DC. La voix enchanteresse de Victoria Legrand se fait chant de sirène.

    « Bluebird » creuse le sillon de cette musique minimale et élégiaque pour un résultat superbe.

    Si « PPP » et sa tristesse éthérée (et étirée... sur plus de six minutes) ne nous tire pas de cette état de torpeur dans laquelle DC nous a plongé, « Days of Candy » pousse encore plus loin le bouchon de cette musique d’un calme quasi-monastérien.

    C’est avec ce titre à l’atmosphère suspendue que se referme ce Depression Cherry,

    Quelques semaines plus tard, le duo surprenait à nouveau tout son monde avec la sortie d'un nouvel opus intitulé Thank You Lucky Stars enregistré pendant les sessions DC.

    Un nouvel opus non pas comme une suite mais une sorte de complément au précédent.

    Et si le groupe n’avait pas tout dit avec Depression Cherry ?

    « Majorette » qui ouvre l’album est du Beach House comme on l’aime. Féérique. Arpèges cristallins, voix éthérée et batterie minimaliste, la formule est bien rodée et d'une redoutable efficacité.

    « She’s So lovely » est un petit bijou de ballade qui accroche les étoiles. Un must.

    « All Your Yeahs » relèverait presque de la sorcellerie tant ce titre est de la magie pure. Un travail d’orfèvre et la marque d’un grand groupe.

    « One Thing » et son riff noisy entêtant est encore là aussi du bon BH.

    « Common Girl » une ritournelle jouée sur ce qui ressemble à un clavecin est bluffant.

    « The Traveller  marque le retour des guitares reverberées avec ce titre d’une tristesse infinie. Sublime.

    Si votre corps (ou votre coeur) ne vous a pas encore abandonné, vous aurez du mal à résister à l’écoute des six minutes de « Elegy To The Void » sommet de mélancolie.

     « Somewhere Tonight » clôt superbement ce nouveau bijou de BH

    Tandis que Depression Cherry se distinguait par son aspect éthéré et minimaliste, ce TYLS marque le retour à un son un peu plus brut, plus proche du son des débuts.

    Une évolution par petites touches, quasi imperceptibles, le duo excellant dans ce qui ressemble à de l’impressionnisme musical.

    Avec la sortie de ces très deux beaux albums à quelques semaines d’intervalle, Beach House entrait dans le cercle fermé des formations marquantes de leur époque, dépositaires d’un style, d’une identité musicale forte

    Rien ne ressemble plus à un titre de BH qu’un autre titre de BH.

    Une prouesse pour un groupe incroyablement discret, portant en eux des valeurs dans l’air du temps (le retour à une certaine humilité) devenu en quelques années une des formations les plus en vues de la scène indépendante et une valeurs sures de la musique américaine actuelle.

    Au même titre qu'Angus et Julia Stone, Legrand et Scally font partie de ces musiciens capables de tutoyer les anges.                                                                                              

     

                                        Gros plan : BEACH HOUSE  

       

     

     

                 Gros plan : BEACH HOUSE      

                                          

                           

     

                                     

     


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